Le Cameroun renforce son dispositif de surveillance sanitaire après la confirmation d’un cas d’Ébola au Nigeria. Une frontière commune de près de 1 500 kilomètres entre les deux pays, difficile à sécuriser intégralement, expose le territoire camerounais à un risque d’importation du virus.
Pour les habitants, l’inquiétude grandit. Aurélien Ngouffo, ingénieur agronome basé à Yaoundé, exprime ses doutes : « Comment contrôler des flux humains aussi importants ? Même avec des dispositifs de surveillance, c’est un vrai défi. Nous comptons surtout sur la vigilance de tous pour éviter le pire. »
Les autorités sanitaires locales et nationales ont réagi rapidement. Un centre de quarantaine de trois lits a été aménagé à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen. Le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, est attendu à Douala pour superviser les opérations. L’objectif affiché : empêcher toute introduction du virus, détecter précocement les cas suspects, les isoler et prendre en charge les patients.
Des mesures sanitaires sous haute tension
Les équipes médicales sont en état d’alerte maximale. Les points de contrôle aux frontières et dans les aéroports ont été renforcés pour repérer d’éventuels symptômes. Une campagne de sensibilisation est également déployée auprès des professionnels de santé et des voyageurs.
En 2014, lors de l’épidémie en Afrique de l’Ouest, le Cameroun avait opté pour une fermeture temporaire des frontières avec le Nigeria. Une décision radicale qui avait permis de limiter les risques. Mais cette stratégie, bien que dissuasive, n’est pas envisageable à long terme.
Un système de santé déjà fragilisé
Le Cameroun fait face à une double urgence : la menace Ébola s’ajoute à une crise sanitaire persistante dans l’Extrême-Nord, où le choléra continue de sévir. Pour Aurélien Ngouffo, les défis sont multiples : « Notre système de santé peine à anticiper. Comment gérer une nouvelle épidémie sans maîtriser les données épidémiologiques de base ? Le choléra nous échappe déjà, alors Ébola… c’est une tout autre échelle. »
Des mesures déterminantes pour éviter la propagation
Pour endiguer tout risque de crise sanitaire majeure, trois axes sont prioritaires :
- Renforcer les équipes médicales : formations accélérées, recrutements ciblés et équipement des structures de santé.
- Optimiser la détection des cas : outils de diagnostic rapide, points de contrôle renforcés et collaboration renforcée entre les différents acteurs de santé.
- Protéger les soignants et les populations : distribution de matériel de protection, création de zones de confinement et suivi rigoureux des contacts.
Face à l’ampleur de la menace, chaque heure compte. Les autorités camerounaises misent sur la réactivité et la coordination pour éviter que le virus ne franchisse les frontières.