Une gestion de la dette publique sous le feu des critiques
Ousmane Sonko, ancien Premier ministre du Sénégal, a répondu sans détour aux interrogations sur sa gestion de la dette publique entre 2024 et 2026. Lors d’une conférence de presse tenue en octobre 2026, il a catégoriquement nié toute intention de restructurer la dette sénégalaise, affirmant avoir privilégié des solutions de financement innovantes.
« Ni moi, ni les ministres Abdourahmane Sarr ou Cheikh Diba n’avons jamais soutenu une restructuration de la dette », a-t-il insisté. Il a également précisé que le président Bassirou Diomaye Faye avait finalement adopté la même position après plusieurs échanges approfondis.
Un plan de mobilisation financière ambitieux
Face aux accusations d’immobilisme, Ousmane Sonko a détaillé les mécanismes mis en place pour éviter une restructuration. Selon ses déclarations, son équipe a travaillé en étroite collaboration avec des institutions comme la Banque africaine de développement (BAD), la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et la Banque islamique de développement (BID), ainsi qu’avec des acteurs privés comme JPMorgan.
Le but ? Créer un fonds de garantie capable de lever entre 1 800 et 2 000 milliards de francs CFA. Ce dispositif devait permettre de financer le développement économique du Sénégal sans recourir à une renégociation de la dette.
Un accord historique avec les Émirats arabes unis
L’ancien chef du gouvernement a révélé avoir mené deux missions aux Émirats arabes unis, aboutissant à un accord estimé à près de 2 milliards de dollars. Ce partenariat devait associer financements avantageux et investissements concrets.
Parmi les projets phares évoqués : la construction d’un centre d’affaires sur l’ancien site de Mermoz, libéré par l’armée française. Une première tranche d’un milliard de dollars aurait été libérée en février 2026, dont 900 millions pour les comptes publics et 100 millions pour ce projet spécifique.
Refus catégorique du cadre commun du G20
Ousmane Sonko a justifié son opposition au cadre commun du G20, estimant que le Sénégal n’avait pas à être un « cobaye » pour un nouveau système. Pour lui, les solutions négociées avec les partenaires internationaux offraient une alternative viable, tandis que les propos attribués à la directrice du FMI soulignaient les atouts structurels du pays.
« Le Sénégal dispose des ressources nécessaires pour se redresser avec un accompagnement adapté », a-t-il souligné.
Des questions en suspens après ses déclarations
Si Ousmane Sonko défend sa stratégie, plusieurs zones d’ombre subsistent. Les engagements financiers évoqués ont-ils été formalisés ? Les fonds promis par les Émirats ont-ils été effectivement versés ? Et dans quelle mesure ces mécanismes auraient-ils couvert durablement les besoins du pays ?
La transparence sur ces aspects permettrait d’évaluer pleinement la pertinence de la voie choisie par l’ancien Premier ministre.