2 milliards de francs CFA portés disparus au Tribunal criminel spécial du Cameroun

2 milliards de francs CFA portés disparus au Tribunal criminel spécial du Cameroun

Le Tribunal criminel spécial (TCS) du Cameroun, une juridiction créée pour juger les dossiers de grande corruption et de délinquance financière, se retrouve au cœur d’une polémique. Des sources internes évoquent la disparition de plusieurs milliards de francs CFA dans les coffres de l’institution. Cette affaire, qui secoue le monde judiciaire camerounais, soulève de nombreuses questions sur la gestion des fonds destinés à lutter contre la délinquance économique.

Selon des informations concordantes, des investigations auraient été ouvertes pour déterminer les circonstances de cette disparition. Les montants en jeu, estimés à plusieurs milliards de francs CFA, étaient destinés à des opérations de saisie et de gestion des avoirs confisqués. Cette situation est d’autant plus embarrassante que le TCS est précisément chargé de traquer les biens mal acquis.

Une gestion opaque des fonds saisis

Le fonctionnement du Tribunal criminel spécial repose en grande partie sur la manipulation de sommes importantes, issues des saisies effectuées dans le cadre des affaires de corruption. Or, des irrégularités auraient été constatées dans la comptabilité de ces fonds. Des audits internes auraient mis en lumière des écarts significatifs entre les montants enregistrés et les soldes réels.

Des témoignages de personnels de la juridiction évoquent des pratiques douteuses, notamment des retraits non justifiés et des virements vers des comptes non identifiés. La direction du tribunal aurait été alertée à plusieurs reprises, sans que des mesures correctives ne soient prises dans l’immédiat.

Une enquête en cours

Face à la gravité des faits, le ministère de la Justice aurait diligenté une enquête administrative, confiée à l’Inspection générale des services judiciaires. Parallèlement, une plainte aurait été déposée auprès du parquet général près la Cour suprême. Les enquêteurs se penchent actuellement sur les mouvements financiers survenus au cours des deux dernières années.

Cette affaire intervient dans un contexte où le Cameroun est régulièrement pointé du doigt pour la corruption. Le Tribunal criminel spécial, créé en 2012, a pourtant permis de juger plusieurs personnalités de haut rang. Mais cette nouvelle révélation risque de ternir l’image d’une institution censée incarner la lutte contre l’impunité.

Les avocats et les organisations de la société civile réclament une transparence totale sur la gestion des fonds saisis. Certains évoquent la nécessité de créer un organe indépendant de surveillance des avoirs confisqués. En attendant, la confiance dans le système judiciaire camerounais est une nouvelle fois ébranlée.

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