Bassirou diomaye faye recentre le secteur minier et pétrolier sur l’expertise

Bassirou diomaye faye recentre le secteur minier et pétrolier sur l’expertise

un tournant stratégique dans la gouvernance des ressources naturelles

Depuis son arrivée au pouvoir, le président Bassirou Diomaye Faye opère une refonte majeure des structures clés de l’économie sénégalaise. Après avoir confié temporairement les rênes des entreprises publiques à des cadres de son parti, le chef de l’État marque désormais un virage décisif en privilégiant des compétences techniques pour diriger les secteurs miniers et pétroliers. Une décision qui s’inscrit dans une logique de professionnalisation et de transparence.

des nominations surprises dans les entreprises stratégiques

Le 1er juillet 2026, deux changements majeurs ont été annoncés au sein de la Société nationale des pétroles du Sénégal (Petrosen Holding) et de la Société des Mines du Sénégal (Somisen). Ces mouvements, loin d’être anodins, reflètent une volonté de rupture avec les pratiques passées.

À la tête de Petrosen Holding, Alioune Gueye laisse sa place à Thierno Seydou Ly, un ingénieur pétrolier expérimenté ayant notamment œuvré au sein du groupe TotalEnergies. Dans le même temps, Ngagne Demba Touré, directeur de la Somisen, est remplacé par Mamady Touré, un ingénieur géologue spécialisé dans les géosciences et les mines.

Selon des sources internes, ces départs ont été communiqués de manière abrupte, sans préavis officiel de la présidence. « Les deux responsables ont appris leur éviction via la presse, une méthode qui surprend dans un État de droit », confie un observateur proche du dossier.

la fin d’une ère politique dans les entreprises publiques

Ces nominations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre le président Faye et le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko. Les deux responsables écartés, Alioune Gueye et Ngagne Demba Touré, étaient en effet des figures emblématiques du parti Pastef, proches de Sonko. Leur loyauté affichée envers ce dernier semble désormais leur avoir coûté leur poste.

Cette rupture avec le passé contraste fortement avec les débuts du quinquennat, lorsque Bassirou Diomaye Faye avait ouvert la porte à une large représentation du parti au sein des institutions. En 2024, Ousmane Sonko avait ainsi pu placer plusieurs cadres de Pastef à des postes stratégiques, une stratégie qui semble aujourd’hui révolue.

Le cas de Thierno Seydou Ly est particulièrement révélateur. En mars 2025, Ousmane Sonko avait déjà tenté de l’écarter de la direction de Petrosen Exploration-Production, une manœuvre visant à éliminer les responsables nommés sous l’administration précédente. Les relations tendues entre les deux hommes, aggravées par des divergences hiérarchiques, ont finalement conduit à cette décision.

l’expertise au service de la crédibilité internationale

Dans un secteur aussi sensible que celui des ressources naturelles, où les contrats extractifs font l’objet de révisions, le président Faye mise désormais sur des profils technocratiques. Alors qu’Alioune Gueye était expert-comptable et Ngagne Demba Touré juriste, leurs successeurs apportent une expertise pointue et une expérience avérée dans leurs domaines respectifs.

Thierno Seydou Ly, ingénieur pétrolier de formation, et Mamady Touré, spécialiste des géosciences, incarnent cette nouvelle approche. Leur profil, moins clivant et plus diplomatique, devrait faciliter les échanges avec les partenaires internationaux, dans un contexte où le Sénégal renégocie ses accords stratégiques.

Cette stratégie vise un double objectif : rassurer les investisseurs étrangers et renforcer la souveraineté économique du pays. « Les nouveaux dirigeants sont perçus comme des garants de stabilité et de professionnalisme », souligne un analyste économique.

quels secteurs pourraient être concernés par la prochaine vague de changements ?

Alors que cette restructuration touche déjà les deux principales entreprises extractives du pays, d’autres institutions pourraient suivre. Plusieurs observateurs évoquent notamment le Port autonome de Dakar et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), dirigés respectivement par Waly Diouf Bodiang et Fadilou Keïta, deux personnalités proches d’Ousmane Sonko.

Si aucune annonce officielle n’a été faite, ces secteurs, tout comme les autres entreprises publiques, pourraient être amenés à évoluer dans les prochains mois. Une chose est sûre : l’ère des nominations politiques dans les entreprises stratégiques semble bel et bien terminée.

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