Bénin à l’ONU : une doctrine sécuritaire basée sur l’action et le partenariat territorial

Bénin à l’ONU : une doctrine sécuritaire basée sur l’action et le partenariat territorial
Écouter cet article5 min

Le Bénin a marqué de son empreinte la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. La ministre des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a présenté devant l’organisation internationale une stratégie sécuritaire concrète, où chacun des mots prononcés trouve un écho immédiat sur le terrain. Une approche inédite, où la diplomatie de l’action prime sur les promesses.

Une prise de parole stratégique au cœur des enjeux régionaux

La cheffe de la diplomatie béninoise s’est exprimée dans un ordre du jour particulièrement symbolique, succédant aux délégations du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Cette séquence n’est pas anodine : elle illustre la volonté du Bénin de s’imposer comme un acteur central de la stabilité ouest-africaine. Son discours s’appuie sur un mandat terminé à la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, où le pays a su transformer des principes en actes.

Sur le front intérieur : l’Opération Mirador au service de la sécurité des populations

Face à la menace terroriste dans le nord, le Bénin a lancé l’Opération Mirador, une réponse militaire et civile ciblée. Ce dispositif combine :

  • Une couverture territoriale renforcée : interdiction immédiate des parcs nationaux de la Pendjari et du W, zones autrefois exploitées par les groupes armés comme sanctuaires.
  • Un recrutement massif : formation accélérée de nouveaux effectifs pour combler les lacunes sécuritaires et restaurer l’autorité de l’État dans les zones fragilisées.

L’objectif ? Inverser la dynamique sur le terrain : où les jihadistes avançaient, la souveraineté béninoise reprend le dessus.

Le dialogue et l’action commune : l’Initiative d’Accra en marche

Le Bénin ne reste pas isolé. Avec le Ghana, le Togo, la Côte d’Ivoire et les pays du Sahel, il pilote l’Initiative d’Accra, un mécanisme de coopération militaire et sécuritaire sans précédent. Ses piliers :

Un échange d’informations en temps réel

Les services de renseignement partagent désormais des données tactiques sur les mouvements transfrontaliers, permettant une réaction immédiate aux menaces. Plus de cloisonnement, plus de frontières étanches pour les groupes criminels.

Des opérations transfrontalières synchronisées

Les forces armées béninoises agissent de concert avec leurs homologues voisins pour traquer et neutraliser les cellules terroristes, quel que soit leur point de repli. Une coordination qui empêche les groupes armés de jouer sur les frontières pour échapper aux poursuites.

Le volet social : investir pour couper les racines du terrorisme

Le gouvernement béninois ne mise pas uniquement sur la force. À travers l’ABeGIEF (Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers), il agit sur les causes profondes :

  • Infrastructures essentielles : construction d’écoles, de centres de santé et de points d’eau dans le nord du pays.
  • Emploi et résilience : projets agricoles et économiques pour offrir des alternatives aux jeunes exposés au recrutement extrémiste.

L’objectif : rendre les populations moins vulnérables à la propagande djihadiste et renforcer leur attachement à l’État.

La sécurité par et pour les citoyens : l’alerte précoce en première ligne

Le Bénin mise aussi sur la proximité. Grâce à des numéros verts dédiés et des campagnes de sensibilisation, les habitants deviennent des maillons actifs de la chaîne de détection des menaces. Une armée qui écoute, des communautés qui protègent : une alliance indispensable pour déjouer les infiltrations.

Une doctrine testée et approuvée : ce que l’ONU a retenu

Le message délivré à New York n’est pas une simple déclaration d’intentions. Il reflète une réalité : celle d’un pays où la sécurité se construit chaque jour, par des soldats sur le terrain, des diplomates en réunion, et des communautés engagées. Une approche où la fermeté et l’inclusion se renforcent mutuellement, pour un Sahel plus stable, plus solidaire et plus souverain.

Suivre cette actualitéAjoutez nos flux à votre lecteur RSS préféré

Fanta Ouattara

Éditorialiste