Bras de fer en RDC : l’Église catholique se dresse contre une révision de la Constitution
La tension monte d’un cran en République démocratique du Congo. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé une opposition catégorique à tout projet de modification constitutionnelle qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat en 2028. Les prélats exhortent le chef de l’État à respecter son engagement solennel pris devant la nation et n’excluent pas de lancer des actions de mobilisation populaire pour contrer cette initiative.
Les craintes d’une déstabilisation nationale
Selon l’épiscopat, une telle remise en cause de la loi fondamentale pourrait précipiter le pays vers une guerre civile ou une fragmentation territoriale. Actuellement, la Constitution congolaise limite strictement l’exercice du pouvoir présidentiel à deux mandats. Bien que Félix Tshisekedi ait été reconduit en 2023 pour ce qui doit être son dernier quinquennat, ses récentes déclarations suggérant un possible référendum constitutionnel ont suscité de vives inquiétudes au sein de la société civile et religieuse.
Une Église fidèle à ses engagements démocratiques
Ce n’est pas la première fois que l’institution religieuse se dresse contre une velléité de maintien au pouvoir. Elle avait déjà adopté une posture similaire sous l’ère de Joseph Kabila. Réunis en assemblée plénière extraordinaire à Kinshasa du 18 au 20 juin 2026, les 37 dignitaires de la CENCO ont tiré la sonnette d’alarme, affirmant que l’intégrité de la patrie est menacée par ces manœuvres politiques.
Priorité à la sécurité et à l’urgence sanitaire
Le clergé souligne que la priorité absolue du gouvernement devrait être la résolution des conflits armés plutôt que la modification des textes législatifs. Dans l’est du pays, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu subissent la pression des rebelles de l’AFC/M23, tandis que l’Ituri reste le théâtre de massacres perpétrés par les ADF. À ce tableau sécuritaire sombre s’ajoute la menace d’une épidémie d’Ebola. Dans ce contexte, la CENCO dénonce une campagne pour le changement de Constitution qui s’appuie sur les moyens de l’État et s’accompagne d’une répression des voix critiques par la police et certaines milices partisanes comme la « Force du progrès ».
La riposte du camp présidentiel
La réaction de l’Union sacrée pour la Nation (USN), la coalition soutenant le pouvoir, a été immédiate et virulente. Les partisans de Félix Tshisekedi qualifient la sortie des évêques d’acte de subversion. Ils accusent les leaders religieux de chercher à déstabiliser les institutions légitimes et d’inciter la population à l’insurrection contre l’ordre constitutionnel établi.