Conférence de l’IAJP à Cotonou : mgr houngbédji insiste sur la primauté de l’humain pour un afrique stable
Conférence de l’IAJP à Cotonou : Mgr Houngbédji trace la voie d’un développement centré sur l’humain
Le Bénin a été le théâtre d’une rencontre majeure le 23 juillet 2026, lorsque l’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) a organisé une conférence internationale sous le thème : « État de droit et alternance politique en Afrique : un enjeu vital pour la stabilité et la prospérité ». L’événement, qui a rassemblé des figures religieuses, des décideurs politiques et des acteurs de la société civile, a été marqué par une intervention forte de Mgr Roger Houngbédji, archevêque métropolitain de Cotonou et président de la Conférence Épiscopale du Bénin.
L’État de droit, pilier d’un développement durable en Afrique
Dès son allocution, Mgr Houngbédji a mis en avant un constat sans appel : le progrès d’un continent ne se mesure pas uniquement à l’aune de ses ressources naturelles ou de sa croissance économique, mais bien à la solidité de ses institutions. Pour lui, l’État de droit constitue la colonne vertébrale d’un développement pérenne. Il a appelé les nations africaines à renforcer la gouvernance, à protéger l’indépendance de la justice et à garantir des libertés fondamentales pour tous. « Une croissance sans justice sociale n’est qu’une illusion », a-t-il souligné, plaidant pour des systèmes politiques transparents et responsables.
Le Bénin comme modèle ? Avancées et limites des réformes
Pour illustrer ses propos, le prélat a évoqué le cas du Bénin, souvent cité comme un exemple de réformes économiques et judiciaires en Afrique de l’Ouest. Il a salué les progrès réalisés, notamment avec la création du Tribunal de commerce, la modernisation du droit des affaires et la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces mesures ont permis au pays de gagner en attractivité internationale et d’améliorer son climat des affaires.
Cependant, Mgr Houngbédji a tenu à nuancer son propos. Malgré ces avancées, des défis majeurs subsistent. Le respect des libertés publiques, l’autonomie de la justice et la consolidation démocratique restent des chantiers ouverts. « Les indicateurs économiques ne suffisent pas à eux seuls à garantir une démocratie solide », a-t-il rappelé, invitant les autorités à aller plus loin dans la protection des droits fondamentaux.
Vers un développement humain intégral : la doctrine sociale de l’Église en action
S’inspirant de la Doctrine Sociale de l’Église catholique, Mgr Houngbédji a défendu une vision du développement où l’humain est au cœur de toutes les politiques publiques. Pour lui, un progrès authentique ne se réduit pas à des chiffres de croissance : il doit se traduire par une amélioration concrète des conditions de vie, une justice sociale effective et le respect absolu de la dignité humaine. « Le développement véritable est celui qui libère, qui éduque et qui unit », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité de dépasser les logiques purement financières.
L’Église, acteur clé de paix et de dialogue au Bénin
Le président de la Conférence Épiscopale du Bénin n’a pas manqué de rappeler le rôle historique de médiation joué par l’Église dans le pays. Face aux tensions politiques, notamment lors de la crise post-électorale de 2019, ou encore à l’approche des élections générales de 2026, les responsables religieux ont toujours œuvré pour le dialogue et la réconciliation. Leur mission ? Faciliter la cohésion nationale sans se substituer aux institutions républicaines, mais en les accompagnant vers une stabilité durable.
Un appel final aux dirigeants africains
En clôture de son intervention, Mgr Houngbédji a lancé un appel solennel aux dirigeants du continent. Pour lui, le succès du développement en Afrique repose sur un équilibre subtil entre efficacité économique, justice indépendante, pluralisme politique et respect des droits humains. « L’Afrique a besoin de dirigeants visionnaires, capables de concilier performance et humanité », a-t-il conclu, laissant planer l’espoir d’un avenir où prospérité rime avec équité.