Paul Biya, acteur historique du conflit anglophone selon le militant Dieudonné Chi
Le militant camerounais Dieudonné Chi, membre du parti Social Democratic Front (SDF), a récemment rappelé un élément clé de l’histoire politique du Cameroun. Selon lui, Paul Biya était déjà directement impliqué dans la gestion du problème anglophone dès les années 1970, en tant que secrétaire d’une commission présidentielle sous la présidence d’Ahidjo. Cette connaissance approfondie du dossier contraste avec l’aggravation de la crise sous son propre mandat.
La crise anglophone : un conflit aux conséquences dramatiques
De simple problème régional, la situation s’est transformée en une crise aux dimensions nationales, avec des répercussions humaines et économiques lourdes. Des milliers de vies ont été perdues, plus d’un million de personnes déplacées, tandis que l’économie camerounaise subissait des pertes colossales. Dieudonné Chi souligne l’ampleur de cette dégradation, qu’il qualifie de lamentable.
Libérer les prisonniers politiques : une priorité pour la réconciliation
Face à cette situation, le militant du SDF insiste sur l’urgence de relâcher tous les prisonniers politiques, en particulier ceux originaires des régions anglophones. Pour lui, leur détention prolongée alimente les frustrations et renforce les velléités sécessionnistes. La libération de ces détenus représenterait un premier pas vers la guérison des divisions nationales.
Un appel à Paul Biya pour solder le passé avant son départ
À quelques mois de la fin du mandat de Paul Biya, Dieudonné Chi lance un appel solennel au président camerounais. À 93 ans, il estime que ce dernier ne peut quitter le pouvoir sans avoir réglé la question des prisonniers politiques. Il en appelle à ses proches collaborateurs pour l’aider dans cette démarche. La libération des détenus, qu’ils soient issus de la zone anglophone ou de contestations électorales, est présentée comme une condition sine qua non pour restaurer la confiance.
La gouvernance camerounaise sous le feu des critiques
Le militant dénonce une mauvaise gouvernance ayant poussé de nombreux Camerounais à envisager une séparation du pays. Il revient sur l’absence de consensus politique depuis le retour au multipartisme en 1990, soulignant que les réformes électorales ont toujours été conçues pour servir des intérêts partisans plutôt que l’intérêt général. La libération des prisonniers est présentée comme un moyen de solder les comptes et de relancer le dialogue.
Pourquoi cette libération est-elle cruciale maintenant ?
Avec plus de quatre décennies de crise et des tensions toujours vives, l’heure est à l’action. Libérer les prisonniers politiques pourrait désamorcer les rancœurs et offrir une chance à la réconciliation nationale. C’est un enjeu de cohésion sociale et de stabilité pour le Cameroun, alors que le pays se prépare à une transition politique inévitable.