Crise humanitaire à Koro : des milliers de Burkinabè se réfugient au Mali

Crise humanitaire à Koro : des milliers de Burkinabè se réfugient au Mali

Dans le cercle de Koro, situé au centre du Mali, l’urgence humanitaire s’intensifie. Depuis la fin du mois de mai, des milliers de ressortissants du Burkina Faso traversent la frontière pour chercher protection. Les autorités locales font état d’une pression migratoire sans précédent sur les infrastructures d’accueil de la région.

Ce mouvement de population massif est la conséquence directe de l’insécurité croissante dans les zones frontalières. Menacées par des groupes armés radicaux, des familles entières n’ont eu d’autre choix que l’exil pour sauver leur vie face aux intimidations répétées.

Hamsetou, l’une de ces déplacées, témoigne de la soudaineté du départ. Originaire du village de Sia, dans le département de Gomboro, elle se souvient de l’arrivée de messagers à moto ayant semé l’effroi au sein de la communauté. « Ils nous ont ordonné de quitter les lieux avant l’aube », confie-t-elle. Dans la précipitation, elle a rejoint Koro avec ses proches, utilisant d’abord les sentiers nocturnes pour se cacher dans les localités voisines avant de finir le trajet en taxi.

Un exode marqué par la précarité et l’urgence

Le cas de Hamsetou n’est pas isolé. Les habitants des localités de Gani, Bouli, Kogan, Ganagoulo et Kouéré ont également déserté leurs foyers pour échapper aux violences. Les statistiques révèlent une réalité poignante : environ 75 % de ces réfugiés sont des femmes et des enfants, des populations particulièrement vulnérables durant ce périple vers le Mali.

Oumou, résidente de Ganagoulo, décrit une scène de panique totale survenue le 26 mai dernier. Après avoir aperçu des hommes armés se diriger vers les villages limitrophes, sa communauté a compris que le danger était imminent. « Nous avons tout abandonné derrière nous : nos maisons, nos stocks de nourriture et notre bétail », explique cette mère de quatre enfants. Entre marche forcée, charrettes et vélos, tous les moyens ont été mobilisés pour atteindre la sécurité du territoire malien.

À Koro, l’hospitalité se heurte désormais à la limite des ressources disponibles. Issa Sagara, le maire adjoint de la commune, ne cache pas son inquiétude face à la précarité des conditions d’hébergement et d’alimentation. Entre manque de vivres et abris de fortune, l’élu appelle à une mobilisation générale pour soutenir ces milliers de personnes réparties sur différents sites dans la ville et ses faubourgs.

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