Des bus chinois au Sénégal : l’enjeu crucial de la création d’emplois locaux
L’utilisation des fonds de développement européens pour l’acquisition de bus chinois au Sénégal suscite un vif débat au sein des instances internationales. Pour certains décideurs, cet investissement ne peut être justifié que s’il garantit concrètement des opportunités pour la main-d’œuvre sénégalaise.
Un appel d’offres sous haute tension à Dakar
Le projet, estimé à plus de 300 millions d’euros, concerne la fourniture d’autobus et le déploiement d’infrastructures de transport à Dakar. La polémique enfle car le marché semble promis à une entreprise étatique chinoise, déjà épinglée par le passé pour non-respect des règles relatives aux subventions étrangères. Si certains parlementaires qualifient cette situation d’aberrante, d’autres estiment que l’origine de l’entreprise importe peu, tant que le projet génère de la valeur ajoutée sur le continent africain.
L’objectif principal doit rester la formation d’une main-d’œuvre qualifiée en Afrique. Dans cette optique, un accord a été conclu en juin dernier entre le gouvernement du Sénégal et la Chine pour l’implantation d’une usine d’assemblage de bus directement sur le territoire sénégalais. Cette initiative est perçue comme un levier essentiel pour transformer ce contrat commercial en véritable moteur de développement industriel local.
Préférence européenne contre pragmatisme économique
Le débat oppose deux visions de l’aide au développement. D’un côté, la volonté de renforcer la « préférence européenne » dans les projets financés par l’Europe. De l’autre, une approche centrée sur la production locale et l’efficacité budgétaire. Dans le cas sénégalais, l’offre de la firme chinoise CRRC est deux fois moins onéreuse que celle de son unique concurrent européen, Scania.
Les points clés du dossier :
- Coût du projet : Plus de 300 millions d’euros pour moderniser les transports à Dakar.
- Emploi : Priorité à l’embauche et à la formation de techniciens sénégalais.
- Infrastructure : Création d’une unité d’assemblage locale pour pérenniser l’activité.
- Compétitivité : Un écart de prix massif entre les propositions chinoises et européennes.
Pour les autorités locales, demander de renoncer à l’offre la plus compétitive reviendrait à payer le double pour un service identique. L’enjeu est donc de trouver un équilibre entre le soutien financier international et l’autonomie stratégique du Sénégal, en veillant à ce que chaque euro investi contribue réellement à l’essor économique du pays.