Disparitions inquiétantes au Mali : le fils d’un opposant enlevé à son tour
Disparitions successives d’opposants au Mali : une nouvelle alerte pour les libertés
Le climat politique au Mali se dégrade davantage avec la disparition récente du fils de l’avocat et figure de l’opposition Mountaga Tall. Ce dernier avait été enlevé au début du mois de mai, plongeant ses proches dans l’inquiétude.
La famille de Mountaga Tall et ses défenseurs juridiques ont confirmé que son fils aîné, Cheick Mamadou Tall, a été vu pour la dernière fois le 16 mai 2026, après avoir reçu un appel téléphonique non identifié. Cette nouvelle alerte intervient dans un contexte déjà tendu entre les autorités militaires et les défenseurs des droits humains au Mali.
Une double disparition qui interroge les autorités
Me Mountaga Tall, avocat engagé et ancien membre du mouvement M5-RFP, a été saisi par des individus encagoulés le 2 mai 2026. Son enlèvement fait suite à une série d’arrestations ciblant des personnalités critiques envers la junte militaire au pouvoir depuis 2023.
Dans un communiqué officiel, ses avocats ont dénoncé cette double disparition et exigé des autorités maliennes qu’elles interviennent sans délai pour libérer les deux hommes. Le collectif juridique a souligné l’urgence d’éclaircir les circonstances de ces actes illégaux, qualifiés de menace grave pour l’État de droit.
Mountaga Tall, qui a joué un rôle clé dans la contestation ayant conduit à la chute d’Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, s’est progressivement éloigné des militaires après avoir critiqué leur gestion du pouvoir. Son engagement juridique récent contre la dissolution des partis politiques et les arrestations arbitraires a renforcé les tensions avec le régime.
Un contexte sécuritaire déjà explosif
L’enlèvement de l’avocat survient à peine quelques jours après des attaques terroristes majeures perpétrées le 25 avril 2026 par des groupes armés affiliés à Al-Qaïda, ciblant des positions stratégiques du Mali. Ces événements ont exacerbé les tensions entre la junte et la société civile, alors que les libertés fondamentales sont de plus en plus restreintes.
Les défenseurs des droits humains pointent du doigt une stratégie de répression visant à museler toute opposition, dans un pays où la sécurité reste précaire. Les appels à la libération de Mountaga Tall et de son fils s’intensifient, alors que la communauté internationale observe avec inquiétude l’évolution de la situation au Sahel.