France à l’ONU : une résolution pour contrer la criminalisation des LGBT+ au Sénégal

France à l’ONU : une résolution pour contrer la criminalisation des LGBT+ au Sénégal

Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé le 14 juin sur la plateforme X que la France soumettrait au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un projet de résolution visant à interdire aux États de criminaliser l’orientation sexuelle ou l’identité de genre. Cette initiative diplomatique survient dans un contexte marqué par l’adoption récente d’une loi sénégalaise durcissant les peines contre les personnes LGBT+, ainsi que par l’incarcération d’un ressortissant français à Dakar en application de ce texte.

Une loi sénégalaise controversée et ses conséquences

Promulguée fin mars 2026 par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, la nouvelle législation alourdit considérablement les sanctions encourues pour « actes contre nature ». L’Assemblée nationale de Dakar avait adopté le texte à l’unanimité le 11 mars, portant la peine maximale de cinq à dix ans d’emprisonnement et multipliant par dix les amendes, désormais plafonnées à dix millions de francs CFA. Le Premier ministre Ousmane Sonko a justifié ce durcissement par des arguments de souveraineté nationale, tout en instaurant un délit spécifique pour la promotion ou le financement de l’homosexualité, de la bisexualité ou de la transsexualité.

Réactions internationales et tensions diplomatiques

Dès l’adoption du projet de loi, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait appelé Dakar à ne pas promulguer ce texte, le jugeant incompatible avec les engagements internationaux du pays. De son côté, la France, par la voix de son porte-parole au Quai d’Orsay, Pascal Confavreux, avait exprimé sa préoccupation le 16 avril lors d’un échange entre Jean-Noël Barrot et son homologue sénégalais, Cheikh Niang. « Vous pouvez compter sur la France pour faire avancer l’agenda des droits humains », a-t-il affirmé, évoquant une « montée conservatrice » observée depuis une décennie dans de nombreuses régions du globe.

Un ressortissant français emprisonné au Sénégal

Un citoyen français est détenu au Sénégal depuis le 14 février pour des actes relevant de la nouvelle législation. Le consulat français à Dakar a confirmé avoir rendu visite à quatre reprises au détenu, tout en maintenant un contact régulier avec sa famille. Par ailleurs, le 10 avril, un tribunal dakarois a condamné un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des faits similaires.

D’après les dernières données du ministère français des Affaires étrangères, 62 pays dans le monde criminalisent encore les relations homosexuelles consensuelles, dont onze appliquent la peine de mort. La date de présentation de la résolution française devant le Conseil des droits de l’homme à Genève n’a pas encore été rendue publique.

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