Gabon : les 94 % d’Oligui Nguema, un mandat à ne pas réduire à une logique partisane

Gabon : les 94 % d’Oligui Nguema, un mandat à ne pas réduire à une logique partisane

Après des mois de silence, Dieudonné Minlama Mintogo brise sa réserve et lance un avertissement solennel aux nouvelles autorités gabonaises. Dans une déclaration remarquée, l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 met en garde contre une dérive majeure : la confiscation du mandat historique de Brice Clotaire Oligui Nguema au profit d’une seule formation politique.

Pour l’opposant de longue date, la menace n’est ni économique ni institutionnelle, mais bien politique. Avec plus de 94 % des voix lors du scrutin présidentiel, le chef de l’État dispose d’une légitimité exceptionnelle, fruit d’un espoir national né le 30 août 2023 et renforcé par le retour à l’ordre constitutionnel. Une légitimité qui, selon Minlama, dépasse largement les clivages partisans.

Un mandat bien au-delà des frontières politiques

Selon lui, le vote massif en faveur d’Oligui Nguema ne saurait être interprété comme l’adhésion exclusive à une seule formation. Il reflète plutôt une aspiration collective, partagée par des Gabonais de tous horizons : citoyens, responsables politiques, société civile et acteurs de la Transition. « Transformer ce mandat en outil partisan serait une erreur stratégique », souligne-t-il.

Cette mise en garde vise à prévenir un risque bien réel : celui d’une République à deux vitesses, où une minorité s’accaparerait le pouvoir au détriment d’une majorité diversifiée. Minlama rappelle que la force de la Transition résidait précisément dans sa capacité à rassembler au-delà des clivages traditionnels, autour d’un projet commun de refondation nationale.

L’unité nationale, clé de voûte de la Ve République

Pour l’ancien opposant, le défi des prochaines années consistera à préserver cet élan de rassemblement. Une gouvernance ouverte, associant les différentes compétences du pays sans exclusive partisane, serait le meilleur gage de stabilité. « Le succès de la Ve République dépendra de la capacité à incarner cette dynamique inclusive », insiste-t-il.

Le message est clair : les 94 % obtenus ne constituent pas un capital politique à exploiter, mais une responsabilité historique à assumer. En d’autres termes, le mandat populaire d’Oligui Nguema doit rester l’apanage de tous les Gabonais, et non d’un seul cercle restreint.

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