Gabon : un double audit qui fait trembler Libreville et qui conditionnera l’accès aux financements

Gabon : un double audit qui fait trembler Libreville et qui conditionnera l’accès aux financements

Le gouvernement gabonais est en mesure de redouter deux audits sur les finances publiques qui arrivent à un moment critique. Le Comité d’audit et de consolidation des passifs exigibles, lancé par le ministre de l’Economie Thierry Minko, doit livrer ses conclusions la semaine prochaine sur une dette publique estimée entre 70 et 74% du PIB. De plus, la Task force sur la dette publique a documenté un système de surfacturations et de travaux fictifs qui explique en partie l’explosion de la dette intérieure.

La convergence de calendriers des audits ne doit rien au hasard, car les projections du FMI ont évalué la dette publique à 85,5% du PIB, au-dessus du plafond de la norme Cemac. Parallèlement, le spread souverain gabonais est passé de plus de 1 100 points de base en janvier 2026 à 689,60 points de base à la mi-avril.

Le rapport d'étape de la Task force chiffrait déjà il y a trois ans un surcoût de 12 milliards FCFA sur les voiries de Libreville, 2,8 milliards FCFA de surfacturations sur la route Ndjolé-Médouneu et un dérapage de 47% sur le stade d'Oyem.

Les investisseurs attendent donc une réponse claire sur ce qu’il en sera fait, car ces audits sont considérés comme un préalable indispensable à l’assainissement des finances publiques et conditionneront l’accès du pays aux financements concessionnels indispensables à son programme d’investissement.

Le gouvernement gabonais présente ces audits comme une occasion pour s’éclaircir sur la situation financière du pays et trouver des solutions pour réduire la dette publique. Les décideurs sous le régime d'Ali Bongo seront probablement ciblés par des poursuites judiciaires si les accusations de corruption et de malgagement sont confirmées.

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