Incarcération du journaliste Chahana Takiou au Mali suite à ses critiques contre le pouvoir
Un professionnel des médias écroué à Bamako
Le paysage médiatique malien est en émoi après le placement sous mandat de dépôt de Chahana Takiou, directeur de publication du bihebdomadaire 22 septembre. Cette décision est intervenue ce lundi à Bamako, faisant suite à une convocation devant le procureur du pôle de lutte contre la cybercriminalité.
L’origine de cette arrestation remonte aux déclarations du journaliste lors du Forum panafricain des médias, qui s’est tenu dans la capitale malienne du 3 au 6 juin. Devant une assemblée de confrères, il avait ouvertement remis en question la gestion de la transition actuelle.
Des poursuites pour atteinte au crédit de l’État
Selon les informations judiciaires, Chahana Takiou est poursuivi pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire ». Son procès est désormais fixé au 27 juillet prochain. Sa famille a confirmé son transfert en milieu carcéral peu après l’audition.
Lors d’un débat animé par un procureur de Bamako durant le forum, le journaliste avait dénoncé l’absence de dynamique de paix au Mali. Il avait également fustigé le recours systématique à la loi sur la cybercriminalité pour juger des délits de presse, au détriment du régime juridique spécifique aux médias.
Indignation des organisations professionnelles
La réaction de la Maison de la Presse ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué publié lundi soir, l’organisation a exprimé sa profonde inquiétude face à cette incarcération. Elle dénonce une mesure qui porte préjudice à l’image de la justice et du pays tout entier.
Les associations de médias condamnent fermement ce mandat de dépôt, qu’elles qualifient d’atteinte grave et flagrante à la liberté d’opinion et de la presse au Mali.