Kemi Seba arrêté en Afrique du Sud aux côtés d’un leader suprémaciste blanc
L’activiste Kemi Seba, déjà recherché suite à son implication présumée dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, a été interpellé par les autorités en Afrique du Sud. Les détails entourant son arrestation révèlent une collaboration inattendue qui bouscule les lignes idéologiques habituelles de l’influenceur panafricaniste.
Une alliance surprenante entre deux extrêmes
Le mercredi 15 avril, la police sud-africaine a procédé à l’arrestation de Kemi Seba alors qu’il se trouvait en compagnie de François van der Merwe. Ce dernier, âgé de 26 ans, est le chef de file des Bittereinders (« Ceux qui luttent jusqu’au bout »), un groupuscule radical qui prétend défendre la minorité afrikaner face à une prétendue oppression. Ce mouvement, étroitement surveillé par l’Agence de sécurité d’État (SSA), compterait dans ses rangs des centaines de sympathisants armés et s’oppose frontalement aux intérêts des communautés noires.
Le réseau russe comme trait d’union
Le point de convergence entre le militant décolonial et le suprémaciste blanc semble se situer au sein de la Société de l’aigle à deux têtes. Ce réseau, aussi appelé Tsargrad, est piloté par l’oligarque russe Konstantin Malofeev. Cet homme d’affaires ultra-conservateur est sous le coup de sanctions internationales depuis 2014 pour son soutien financier aux séparatistes en Ukraine et fait l’objet de poursuites à New York pour violation de ces mesures restrictives.
François van der Merwe s’était rendu à Moscou en septembre dernier sur invitation de Malofeev. Depuis lors, l’appareil médiatique russe lui accorde une attention particulière, allant jusqu’à le qualifier de « prisonnier politique » lors de ses précédentes arrestations pour rixe et trouble à l’ordre public. Des actions de soutien ont même été organisées en Russie pour appuyer le jeune Afrikaner.
Des conséquences judiciaires potentiellement lourdes
Pour Kemi Seba, cette proximité avec une organisation nostalgique de l’ère de l’Apartheid marque un tournant paradoxal. Celui qui dénonce habituellement le « suprémacisme occidental » se retrouve lié à un groupe percevant la majorité noire sud-africaine comme un adversaire direct.
Au-delà de l’image politique, les implications légales sont sérieuses. En Afrique du Sud, les Bittereinders sont classés comme une organisation terroriste. La justice soupçonne le ressortissant béninois d’avoir apporté son concours à leurs activités sur le territoire. En conséquence, les charges retenues contre Kemi Seba pourraient s’avérer bien plus graves que les premières informations ne le laissaient supposer.