La fracture sociale au Cameroun : la vision de Jean Claude Mbede sur le tribalisme des élites

La fracture sociale au Cameroun : la vision de Jean Claude Mbede sur le tribalisme des élites

L’analyse percutante de Jean Claude Mbede sur les réalités du tribalisme au Cameroun.

À travers une réflexion personnelle, le journaliste camerounais établi en Italie lève le voile sur une forme de tribalisme souvent occultée : celle qui se cache derrière les privilèges et les cercles intellectuels. Son récit met en lumière l’hypocrisie de certains discours au sein de la société.

L’auteur relate un échange récent avec une connaissance originaire du Grand Nord. Cette dernière, issue d’un milieu favorisé grâce à un père cadre dans les douanes, a pu intégrer des institutions prestigieuses comme l’ESSTIC et l’IRIC. Bien que ces concours soient réputés inaccessibles pour la majorité, elle y a réussi sans difficulté majeure, contrairement à de nombreux docteurs ou aux membres de la propre famille du journaliste.

Pourtant, lors de leur discussion, cette femme a fustigé les Betis, les accusant de monopoliser le pouvoir et la réussite. Elle est allée jusqu’à suggérer que l’exil de Jean Claude Mbede n’était qu’une question d’orgueil, affirmant qu’il lui suffirait de s’excuser auprès de ses « frères » pour retrouver une place de choix au Cameroun.

Face à cette vision, le journaliste s’interroge sur la nature de la faute à pardonner. Il rappelle l’assassinat tragique de Martinez Zogo, soulignant que les bourreaux de ce dernier appartenaient à diverses origines. Pour lui, le crime et la corruption ne connaissent pas de frontières ethniques.

Selon Jean Claude Mbede, le véritable clivage au Cameroun ne se situe pas entre les régions, mais entre deux classes sociales bien distinctes :

  • Les détenteurs des clés du système : ceux qui, grâce aux élites, placent leurs descendants dans les grandes écoles comme l’ENAM, l’EMIA, l’ESSTIC ou l’IRIC.
  • Le reste de la population : les enfants de familles modestes qui se battent quotidiennement pour leur survie, vendant parfois des marchandises à la sauvette.

En conclusion, il appelle à ne plus se laisser manipuler par les discours de marginalisation tenus par ceux qui profitent directement du système. Le tribalisme des nantis est, à ses yeux, le plus préjudiciable pour l’unité nationale.

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