La rdc se porte partie civile dans le procès des généraux christian tshiwewe et john numbi
L’État congolais a franchi une étape décisive dans le dossier judiciaire impliquant l’Auditeur général des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et plusieurs officiers de haut rang. La République démocratique du Congo s’est officiellement constituée partie civile dans le procès visant les généraux John Numbi et Christian Tshiwewe, ainsi que leurs co-accusés.
Lors de l’audience tenue ce jeudi à Kinshasa, un collectif d’avocats a annoncé cette décision stratégique. Maître Jean Mupira, représentant le barreau de Kinshasa/Gombe, a souligné que cette démarche vise à établir l’ampleur des dommages subis par la nation et à obtenir des réparations financières à la hauteur des préjudices causés par les prévenus. L’objectif est de démontrer l’étendue des dégâts devant la Haute Cour militaire.
Évolution de la composition de la cour et nouveaux délais
Cette séance a également été marquée par un changement notable au sein du siège : le lieutenant-général Constant Ndima, qui a précédemment exercé les fonctions de gouverneur militaire au Nord-Kivu, a rejoint la Haute Cour militaire en tant que juge assesseur. Cependant, les débats ont été de courte durée.
Le premier président de la juridiction, le lieutenant-général Joseph Mutombo Katalay Tiende, a prononcé le renvoi de l’affaire au 9 juillet 2026. Ce report est justifié par des impératifs d’État liés à l’indisponibilité de certains membres de la composition, mais aussi pour accorder le temps nécessaire à la défense pour soumettre ses mémoires techniques concernant leurs clients respectifs.
Des accusations de trahison et de complot
Les griefs retenus contre les prévenus sont d’une extrême gravité. Ils doivent répondre de faits de complot, de trahison, d’apologie du terrorisme et de propagation de fausses nouvelles. S’y ajoutent des charges de désertion à l’étranger, de détention illicite d’armes de guerre et d’incitation des troupes à la désobéissance aux ordres et à la discipline militaire.
Parmi les figures centrales identifiées lors des premières audiences figurent le général d’armée Christian Tshiwewe Songesa, le général-major Maurice Nyembo Kufi et plusieurs autres officiers supérieurs. En revanche, le général d’armée John Numbi Banza Ntambo, ancien inspecteur général des FARDC, ainsi que Pascal Nyembo Muyumba (ex-directeur du CEEC) et le colonel Tshinabo Kenge Christophe, sont actuellement en fuite. À la demande de l’auditeur général, le lieutenant-général Lucien-René Likulia Bakumi, le défaut a été retenu contre ces derniers, conformément aux dispositions du Code judiciaire militaire congolais.
Ce procès s’inscrit dans une période sécuritaire tendue pour la République démocratique du Congo, alors que le pays fait face à une agression dans sa partie orientale. Cette affaire s’ajoute aux dossiers traitant de manquements graves aux devoirs militaires et d’atteintes à la sûreté de l’État au sein de la haute hiérarchie des FARDC.