Laurent Gbagbo reste en tête du PPA-CI malgré ses déclarations de retrait

Laurent Gbagbo reste en tête du PPA-CI malgré ses déclarations de retrait

Laurent Gbagbo reste en tête du PPA-CI malgré ses déclarations de retrait

Abidjan — Après avoir évoqué publiquement son souhait de se retirer, Laurent Gbagbo, figure historique de la politique ivoirienne, a finalement été reconduit à la tête du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) lors de son premier congrès ordinaire. À près de 81 ans, son leadership continue de mobiliser ses soutiens, malgré un contexte politique national marqué par des tensions et des boycotts électoraux.

Laurent Gbagbo lors d'un meeting politique en Côte d'Ivoire

Un congrès sous le signe de l’unité retrouvée

Vendredi, à l’issue du premier congrès ordinaire du PPA-CI, les délégués présents ont acclamé la reconduction de Laurent Gbagbo à la présidence du parti. Arrivé sous les ovations de ses militants au Palais des congrès de Treichville à Abidjan, il a salué l’enthousiasme de ses partisans avant de déclarer : « Je suis heureux d’être dans cette ambiance chaude, je vous remercie ». Son discours officiel est prévu samedi à Songon, dans le sud du pays.

Cette décision intervient malgré ses propos tenus en octobre 2025, où il avait annoncé son intention de quitter la vie politique et de « s’interdire d’occuper des fonctions politiques ». Une volte-face qui confirme l’influence persistante du leader ivoirien au sein de son parti.

Un parti affaibli face aux divisions internes

Le PPA-CI traverse une période délicate. Après avoir boycotté les dernières élections législatives de décembre, le parti se retrouve sans représentation parlementaire et ne compte plus qu’une poignée de maires. Plusieurs figures de la gauche ivoirienne, autrefois proches de Gbagbo, ont rompu avec le mouvement, comme Simone Ehivet Gbagbo (son ex-épouse), Charles Blé Goudé ou encore Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier ministre.

Parmi les mesures adoptées lors du congrès, une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES) a été applaudie. Cette alliance, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, est dirigée par des juntes militaires en rupture avec la politique d’Abidjan. Des sanctions ont également été prononcées contre des membres du parti accusés de désobéissance, dont Ahoua Don Mello, radié pour avoir tenté de se présenter à l’élection présidentielle de 2025 contre l’avis du parti, et Stéphane Kipré, suspendu pour 18 mois après s’être présenté en indépendant aux législatives.

L’avenir politique de Laurent Gbagbo en suspens

La carrière politique de Laurent Gbagbo reste suspendue à une éventuelle réinscription sur les listes électorales. Une condition qu’il ne pourra obtenir qu’à travers une amnistie du président Alassane Ouattara, son successeur depuis 2011 et rival historique. Leur affrontement lors de la crise post-électorale de 2010-2011 avait plongé la Côte d’Ivoire dans une période de violences politiques.

Alors que Gbagbo approche de ses 81 ans, son maintien à la tête du PPA-CI laisse présager une nouvelle dynamique pour le parti, malgré les défis internes et externes qui persistent.

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