Le Bénin, une porte d’entrée idéale pour les investisseurs sud-coréens
le Bénin, une porte d’entrée idéale pour les investisseurs sud-coréens
Lors d’un entretien exclusif organisé à Séoul en marge de la réunion des ministres des Affaires étrangères Corée-Afrique, la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a mis en lumière les atouts majeurs du Bénin pour séduire les entreprises sud-coréennes. Une stratégie ambitieuse qui vise à faire du pays un hub économique incontournable en Afrique de l’Ouest.
un marché modeste mais aux opportunités multiples
Malgré sa taille réduite, le Bénin dispose d’un potentiel économique bien supérieur à ce que suggère sa superficie, a souligné la ministre. « Considéré isolément, le Bénin peut sembler être un petit marché, mais ses véritables atouts résident ailleurs », a-t-elle expliqué. Parmi ces atouts, elle a cité la stabilité politique, des politiques d’investissement attractives et une position géographique stratégique au cœur de l’Afrique de l’Ouest.
Intégré à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), le Bénin joue un rôle clé en tant que plateforme logistique et portuaire pour l’ensemble de la région. Son accès à la mer et ses infrastructures en pleine modernisation en font une porte d’entrée privilégiée pour les échanges commerciaux avec l’Afrique de l’Ouest.
des réformes pour attirer les investissements étrangers
Depuis près de dix ans, le Bénin s’engage dans une transformation structurelle visant à moderniser ses infrastructures et à créer un environnement propice aux investissements étrangers. La ministre a évoqué les réformes accélérées mises en place sous l’administration du président Romuald Wadagni, avec un accent particulier sur la numérisation administrative et le développement industriel.
Parmi les projets phares, elle a cité :
- L’amélioration du port de Cotonou, principal port marchand du pays, désormais équipé pour une logistique intelligente et un traitement numérique des procédures douanières ;
- La zone industrielle de Glo-Djigbé, l’un des principaux pôles industriels du pays ;
- La modernisation du système administratif, désormais entièrement digitalisé.
Ces avancées permettent au Bénin de se positionner comme un partenaire attractif pour les entreprises sud-coréennes souhaitant s’implanter en Afrique de l’Ouest.
une coopération renforcée avec la Corée du Sud
La rencontre de Séoul a marqué un tournant dans les relations bilatérales entre le Bénin et la Corée du Sud. Après le sommet Corée-Afrique de 2024, cette réunion a permis de concrétiser des projets de coopération dans plusieurs domaines clés :
- Les investissements : Le Bénin souhaite attirer davantage d’entreprises sud-coréennes pour stimuler son développement industriel ;
- Le développement industriel : Les deux pays partagent une expérience similaire en matière de transformation économique et de modernisation ;
- Les échanges culturels : La ministre a exprimé son souhait de renforcer les liens culturels, notamment en valorisant le patrimoine béninois et en organisant des expositions itinérantes.
Un exemple marquant de cette volonté de collaboration culturelle est le retour de 26 artefacts béninois pillés par la France, rapatriés en 2021. La ministre a proposé l’organisation d’une exposition itinérante à Séoul pour mettre en valeur ces trésors culturels.
un modèle de développement inspirant
En conclusion de son entretien, la ministre a souligné les similitudes entre les trajectoires du Bénin et de la Corée du Sud : « Nous partageons une histoire commune. La Corée a su transformer son économie en moins d’une génération grâce à la discipline, aux réformes et au développement. C’est exactement ce que nous faisons depuis plus de dix ans. »
Cette vision ambitieuse reflète la détermination du Bénin à s’imposer comme un acteur économique majeur en Afrique, tout en renforçant ses liens avec des partenaires internationaux comme la Corée du Sud.
Corinne Amori Brunet a pris ses fonctions récemment au sein du gouvernement béninois et effectue ici son premier déplacement officiel à l’étranger en tant que ministre.