Le Premier ministre du Sénégal fustige l’ingérence occidentale sur l’homosexualité

Le Premier ministre du Sénégal fustige l’ingérence occidentale sur l’homosexualité

le Premier ministre du Sénégal fustige l’ingérence occidentale sur l’homosexualité

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko prononce un discours lors d'une conférence à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 16 mai 2024

À l’occasion d’une séance parlementaire ce vendredi 22 mai, le Premier ministre du Sénégal a vivement critiqué l’attitude des pays occidentaux qu’il accuse d’imposer leurs valeurs sociétales au reste du monde. Ousmane Sonko a rejeté avec fermeté toute idée de suspendre l’application de la loi sénégalaise renforçant les sanctions contre l’homosexualité, adoptée début mars et promulguée fin mars.

Cette nouvelle législation, qui double les peines pour relations homosexuelles (passibles désormais de cinq à dix ans de prison), s’inscrit dans un contexte marqué par une montée des tensions et une série d’arrestations liées à cette question dans le pays.

une « tyrannie occidentale » dénoncée sans détour

« Nous sommes huit milliards d’êtres humains, mais un petit groupe, que l’on nomme l’Occident, tente, par la force de ses moyens médiatiques et économiques, d’imposer une pratique au reste du monde. Mais au nom de quoi ? », a interrogé le chef du gouvernement sénégalais devant les députés. Il a pointé du doigt les critiques venues notamment de France après le vote de la loi, affirmant que le Sénégal n’a « aucune leçon à recevoir » de ces pays.

Ousmane Sonko a également souligné que, contrairement aux accusations occidentales, aucun pays asiatique, africain ou arabe ne s’est joint à ces condamnations, renforçant selon lui la légitimité de la position sénégalaise.

aucune concession sur la loi anti-homosexualité

Le Premier ministre a réaffirmé avec force qu' »aucune suspension » de cette loi n’était envisageable. Il a par ailleurs laissé entendre que, si nécessaire, les autorités pourraient aller plus loin dans son application. « Si la loi doit être renforcée, elle le sera », a-t-il lancé, précisant que la justice sénégalaise devait veiller à une application « totale, impersonnelle et parfaite« .

L’objectif affiché de ce texte est clair : « mettre un terme à la prolifération de l’homosexualité » dans le pays, a-t-il ajouté, rappelant que cette question est une donnée sociétale majeure au Sénégal, où les relations entre personnes du même sexe sont largement considérées comme une déviance.

rejet catégorique d’un moratoire

Cette intervention intervient après la publication d’une tribune, mi-mai, signée par une trentaine de personnalités d’origine africaine et publiée dans un journal français. Ces auteurs y demandaient un moratoire sur l’application de la loi, évoquant un « climat de peur, de haine et de violence » s’étant installé au Sénégal depuis son adoption.

En réponse, Ousmane Sonko a balayé toute possibilité de suspension : « Il n’y aura pas de moratoire. Une partie de nos élites sont complexées », a-t-il rétorqué sans ambiguïté. Cette position s’inscrit dans une logique politique claire, la répression de l’homosexualité étant une promesse phare du parti au pouvoir, porteuse électoralement dans un pays majoritairement musulman.

tribuneaes