Libération de six cadres du pdci après neuf mois d’emprisonnement en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire connaît un tournant politique avec la libération de six figures locales du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), retenues en détention depuis neuf mois. Une décision judiciaire historique qui intervient dans un climat politique particulièrement tendu.

Des arrestations massives durant une année électorale mouvementée
En 2025, la Côte d’Ivoire a traversé une période électorale marquée par une forte tension politique. Des dizaines de membres de l’opposition, dont plusieurs cadres du PDCI, ont été interpellés à travers le pays. Parmi eux, six responsables locaux du parti ont été détenus pendant près d’une année avant d’être finalement libérés.
Allo Pacôme Didier, Kouleon Manhenin, N’Cho Gnangoran, Mabo Koffi Jean Marc, Ouattara Kinjinlman et Niangoran N’Guessan Edouard ont recouvré la liberté ce lundi, à l’issue d’une audience devant la chambre antiterroriste. Leur avocat, Me Ange Rodrigue Dadje, s’est exprimé sur cette libération attendue :
« À l’issue de l’audience de la chambre antiterroriste de ce lundi, mes clients et militants du PDCI recouvrent enfin la liberté après neuf mois de détention et rentrent chez eux. »
Les raisons exactes de leur libération n’ont pas été communiquées publiquement, mais cette décision intervient après des mois de mobilisations et de pressions sur les autorités.
Un contexte politique sous haute tension
Les interpellations de 2025 ont touché plusieurs figures de l’opposition ivoirienne. Clément Kouakou et Denis Brou, deux autres militants du PDCI, avaient déjà été libérés en mai. Tous étaient accusés d’avoir participé à des événements liés à la campagne électorale, dans un climat où les manifestations étaient régulièrement interdites.
Parmi les personnalités politiques concernées par des procédures judiciaires, on compte également Tidjane Thiam, président du PDCI, et Laurent Gbagbo, ancien chef d’État, tous deux exclus des listes électorales par décision de justice. Parallèlement, des centaines de militants accusés de troubles lors de rassemblements ont été condamnés, et plusieurs décès ont été recensés.
Les autorités ont toujours nié tout lien entre ces arrestations et des motivations politiques, affirmant que les procédures suivies étaient conformes aux règles légales.
D’autres libérations symboliques dans l’opposition
Cette vague de libérations ne s’arrête pas là. Début juillet, Moïse Lida Kouassi, ancien ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo et membre de son parti, a été remis en liberté après près d’un an d’emprisonnement. Ibrahim Zigui, un cybermilitant proche de cette mouvance politique, a également retrouvé sa liberté.
Ces libérations successives pourraient marquer un apaisement progressif dans un paysage politique ivoirien encore marqué par les séquelles d’une élection présidentielle controversée.