L’union africaine réaffirme son soutien au Mali malgré la suspension
l’union africaine réaffirme son soutien au Mali malgré la suspension
À l’occasion d’une visite officielle à Bamako, le président de la Commission de l’Union africaine (UA) a réitéré le soutien indéfectible de l’organisation envers le Mali, et ce, malgré la suspension du pays des instances dirigeantes de l’UA depuis cinq ans. Mahmoud Ali Youssouf, en déplacement dans la capitale malienne, a souligné l’engagement de l’organisation panafricaine à accompagner Bamako dans la gestion des défis sécuritaires majeurs qui secouent le territoire.
un soutien politique fort malgré les tensions
Cette visite de Mahmoud Ali Youssouf s’inscrit dans une volonté de renforcer le dialogue et la coopération entre l’Union africaine et le Mali, malgré la suspension du pays des instances dirigeantes de l’organisation depuis le coup d’État de 2021. Cette suspension, décidée en réponse à la rupture de l’ordre constitutionnel, visait à inciter un retour rapide à l’ordre démocratique. Pourtant, l’UA refuse d’isoler Bamako, car elle considère que la stabilité du Mali est un enjeu de sécurité pour l’ensemble du continent africain. Dans cette optique, l’organisation maintient une étroite collaboration avec les autorités maliennes, notamment à travers son représentant spécial pour le Mali et le Sahel, ainsi que la Mission de l’UA pour le Sahel et le Mali (MISAHEL).
vers une concrétisation du soutien ?
Si le président de la Commission de l’Union africaine a réaffirmé la pleine solidarité de l’organisation avec le Mali, des voix s’élèvent pour demander des actes concrets. Alioune Tine, expert indépendant et fondateur du Africa Jom Center, estime que l’UA doit passer des déclarations aux actes. Selon lui, il est impératif de mobiliser les pays membres capables d’apporter un soutien militaire et logistique, voire de déployer des troupes africaines pour épauler Bamako dans la lutte contre le terrorisme. « Il faut que le président de la Commission de l’Union africaine cherche à manifester sa solidarité de façon beaucoup plus active, beaucoup plus concrète », insiste-t-il.
les défis de l’UA face à la complexité du conflit malien
Malgré les tensions persistantes autour de la remise en cause de l’Accord d’Alger de 2015 par les autorités maliennes, l’Union africaine continue de privilégier les solutions politiques pour résoudre la crise. Cependant, l’évolution de la situation avec l’alliance des séparatistes du Nord et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) suscite des interrogations. L’UA considère cette coalition comme une menace majeure et refuse de reconnaître sa légitimité ou ses revendications. L’organisation réaffirme ainsi son attachement à l’unité territoriale du Mali tout en appelant à un renforcement des efforts régionaux contre le terrorisme.
Aly Tounkara, analyste au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel, met en lumière les limites structurelles et politiques de l’UA. « Il va être difficile de s’attendre à ce que l’Union africaine apporte un soutien militaire ou même un appui en renseignement, quand on sait que ses membres ne sont pas toujours alignés entre eux », explique-t-il. Il souligne également les contraintes liées à la dépendance de l’organisation vis-à-vis de bailleurs extérieurs, ce qui limite son autonomie d’action et son efficacité sur le terrain.
Entre soutien diplomatique, appel à l’unité nationale et contraintes internes, l’Union africaine tente de trouver un équilibre pour accompagner le Mali dans cette période critique. La question reste entière : cette visite marquera-t-elle un simple geste symbolique ou le début d’un engagement plus tangible aux côtés de Bamako et des autres pays de l’AES ?