Macky sall en visite officielle à Dakar pour un entretien stratégique avec bassirou diomaye faye

Macky sall en visite officielle à Dakar pour un entretien stratégique avec bassirou diomaye faye

Le retour de Macky Sall à Dakar, même pour une brève visite, s’annonce comme un événement politique majeur dans l’histoire récente du Sénégal. L’ancien président a confirmé sur ses réseaux sociaux, trois jours avant la date prévue, qu’il se rendra dans la capitale sénégalaise le 17 juillet pour s’entretenir avec le président Bassirou Diomaye Faye. Bien que le déplacement soit présenté comme une simple visite protocolaire, les enjeux qui l’entourent dépassent largement la simple courtoisie diplomatique.

Parmi les sujets au cœur de cet échange se trouve la potentielle candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. L’ancien chef de l’État, qui vit depuis sa fin de mandat dans une forme d’exil discret, cherche à obtenir un soutien officiel du Sénégal pour appuyer sa démarche sur la scène internationale. Sans l’aval des autorités sénégalaises actuelles, ses chances de succès dans cette course au Palais de verre restent extrêmement limitées.

une candidature onusienne conditionnée par le feu vert de Dakar

Le processus de sélection du secrétaire général de l’ONU repose sur des règles diplomatiques strictes. Un candidat ne peut espérer progresser sans l’appui formel de son État d’origine, condition sine qua non avant même d’envisager des négociations au Conseil de sécurité. Pour Macky Sall, l’obtention d’un accord de principe de la part de Bassirou Diomaye Faye représente donc l’étape décisive d’un parcours qui, s’il aboutit, s’étendra sur plusieurs mois de négociations à New York.

La dimension temporelle ajoute une pression supplémentaire. Le mandat d’António Guterres, actuel secrétaire général, prendra fin à la fin de l’année 2026. La rotation géographique, principe informel mais déterminant dans les désignations, pourrait cette fois-ci favoriser un profil africain, le continent n’ayant plus occupé ce poste depuis les mandats de Boutros Boutros-Ghali et de Kofi Annan. Le Sénégal se trouve ainsi à l’aube d’une opportunité historique, à condition que ses dirigeants actuels acceptent de soutenir un candidat issu d’un régime politique opposé au leur.

un entretien porteur de messages politiques implicites

Les relations entre Macky Sall et Bassirou Diomaye Faye restent tendues depuis l’alternance politique. Le président actuel, élu après une campagne menée en partie depuis la prison, incarne une rupture claire avec l’héritage de son prédécesseur. Plusieurs audits financiers et procédures judiciaires visant d’anciens responsables du régime Sall ont depuis alimenté un climat de défiance durable entre les deux camps politiques.

Dans ce contexte, la rencontre du 17 juillet ne se limite pas à la question onusienne. Elle soulève également des interrogations sur le rôle futur de Macky Sall dans la vie politique nationale, sur les garanties éventuelles accordées à ses proches, et sur la stratégie diplomatique du Sénégal à quelques mois d’échéances multilatérales cruciales. La brièveté annoncée de la visite suggère que les deux hommes cherchent avant tout à clarifier un dossier précis, sans ouvrir de discussions politiques plus larges.

un choix diplomatique délicat pour le Sénégal

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette décision représente un arbitrage complexe. Appuyer la candidature de Macky Sall reviendrait à donner à son prédécesseur une légitimité renforcée sur la scène internationale, tout en offrant au Sénégal une position stratégique majeure. À l’inverse, un rejet ou un report de cette demande pourrait nuire durablement aux ambitions de l’ancien président et exposer Dakar à des critiques, tant de la part de ses partenaires africains que d’une partie de l’opinion publique sénégalaise attachée au prestige du pays.

Le Sénégal mise également sur sa crédibilité auprès de l’Union africaine, dont le soutien collectif à un candidat unique est essentiel pour peser au sein du Conseil de sécurité. Aucune déclaration officielle de la présidence n’a encore été rendue publique concernant l’éventuelle candidature de Macky Sall, l’exécutif privilégiant visiblement une approche discrète avant l’entretien.

Quelles que soient les conclusions de cette rencontre, elle marquera la première interaction publique entre les deux hommes depuis la transition d’avril 2024. Elle pourrait aussi inaugurer une phase de normalisation politique dont le pays a cruellement besoin, alors que les réformes économiques et institutionnelles portées par le tandem Faye-Sonko nécessitent un environnement politique apaisé.

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