Magistrats tchadiens dénoncent les attaques du ministre de la sécurité publique

Magistrats tchadiens dénoncent les attaques du ministre de la sécurité publique

Les deux principales organisations syndicales représentant les magistrats au Tchad ont officiellement saisi la justice pour dénoncer les propos tenus par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache. Le Syndicat des Magistrats du Tchad (SMT) et le Syndicat Autonome des Magistrats du Tchad (SYAMAT) ont déposé une plainte auprès du procureur général près la Cour d’appel de N’Djamena, exigeant une enquête approfondie.

Des déclarations jugées outrageantes envers l’institution judiciaire

Les deux syndicats dénoncent des propos tenus par le ministre lors d’une allocution publique, largement médiatisée, où il aurait tenu des remarques jugées diffamatoires et dévalorisantes à l’encontre de l’ensemble du corps judiciaire tchadien. Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate au sein de la magistrature, qui y voit une atteinte grave à son honneur et à son indépendance.

Une plainte fondée sur des textes juridiques précis

Les syndicats s’appuient sur plusieurs articles du Code pénal et du Code de procédure pénale pour étayer leur démarche. Ils relèvent notamment que les propos incriminés pourraient relever des infractions de discrédit public, d’outrage et de diffamation envers une institution d’État. Les articles 142, 144 et suivants du Code pénal, ainsi que les articles 527 et 528 du Code de procédure pénale, sont invoqués pour justifier l’ouverture d’une enquête.

Une demande claire : préserver la dignité de la justice

Dans leur requête, les magistrats réclament au procureur général d’engager sans délai une procédure judiciaire afin de faire toute la lumière sur ces déclarations. Ils exigent également que toutes les mesures légales soient prises pour sanctionner les propos tenus et pour réaffirmer la souveraineté de l’institution judiciaire tchadienne. Leur objectif est de garantir que l’autorité et l’indépendance des magistrats ne soient plus remises en cause par des déclarations publiques non fondées.

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