Mali : combats meurtriers à anéfis pour reprendre le contrôle du nord
Le nord du Mali est de nouveau le théâtre d’affrontements d’une intensité rare dans la bataille pour le contrôle d’Anéfis, une localité située à environ cent kilomètres au sud de Kidal. Les combats, d’une violence inouïe, ont entraîné un bilan humain dramatique pour les Forces armées maliennes (FAMa), qui déplorent la perte de près d’une trentaine de soldats, qualifiés de « martyrs » par les autorités militaires.
Le général Jean Élysée Dao, chef d’état-major des armées, a également confirmé l’existence de plus d’une soixantaine de blessés, dont certains dans un état critique. Face à cette offensive, les groupes armés, composés de rebelles indépendantistes comme le Front de libération de l’Azawad et de factions terroristes liées à Al-Qaïda (notamment le JNIM), ont subi de lourdes pertes selon les déclarations des autorités maliennes. De leur côté, les insurgés ont reconnu des pertes humaines sans pour autant communiquer de chiffres précis.
Anéfis, un enjeu décisif pour la souveraineté du Nord
Anéfis s’impose comme un point stratégique dans la reconquête du Mali. Pour les FAMa, renforcées par des partenaires internationaux, la maîtrise de cette zone permettrait de couper les voies logistiques des groupes armés et de sécuriser l’axe menant vers Kidal, un bastion rebelle depuis des années. Les sources militaires décrivent des combats acharnés, où un détachement malien, appuyé par des renforts étrangers, a dû se retrancher temporairement dans un camp avant qu’un convoi lourdement armé, parti de Gao, ne vienne inverser la tendance grâce à un appui aérien décisif.
Les rebelles, quant à eux, évoquent un « repli tactique » pour préserver les populations civiles, tout en minimisant leur défaite sur le terrain.
La junte sous pression : entre promesses et réalité sécuritaire
Cette escalade des violences rappelle l’ampleur des défis auxquels fait face le Mali depuis le début de la crise en 2012. Le gouvernement de transition, installé à Bamako, a fait de la restauration de la sécurité et de l’intégrité territoriale une priorité absolue pour légitimer son autorité. Pourtant, la bataille d’Anéfis souligne la persistance d’une menace armée tenace dans le Nord, où les groupes insurgés continuent de résister avec une détermination qui prolonge un conflit coûteux en vies humaines.
Les autorités maliennes, malgré leur engagement affiché, doivent désormais prouver leur capacité à inverser cette dynamique, alors que les combats s’intensifient et que les populations locales subissent les conséquences d’une guerre sans fin.