Mali : face à l’échec du partenariat russe, une nouvelle stratégie antiterroriste s’impose

Mali : face à l’échec du partenariat russe, une nouvelle stratégie antiterroriste s’impose

L’espoir d’une solution rapide et efficace, souvent associé à l’alignement stratégique sur Moscou, s’est estompé au Mali. Tandis que le gouvernement de transition malien maintient un discours de souveraineté et de méfiance envers les partenaires occidentaux, la réalité sur le terrain est implacable : l’insécurité s’aggrave et la tactique adoptée avec les forces paramilitaires russes semble mener à une impasse critique.

La déconfiture sécuritaire de l’Africa Corps au Mali

Trois ans après le déploiement des combattants russes, d’abord sous l’appellation Wagner puis renommés Africa Corps, le bilan de l’assistance de Moscou est lourd de conséquences :

  • Incapacité opérationnelle et revers cuisants : Loin d’éradiquer la menace jihadiste, les éléments d’Africa Corps essuient des défaites tactiques répétées, comme en témoignent les violentes embuscades subies dans le Nord, notamment aux alentours d’Anéfis, et les assauts réguliers contre les bases aériennes conjointes.
  • Prolifération de la menace terroriste : Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), entité affiliée à Al-Qaïda, n’a jamais affiché une telle puissance ni un tel niveau d’équipement. La menace s’est désormais propagée vers le sud, menaçant directement le cœur économique et institutionnel du Mali, faisant peser un risque d’asphyxie sur la capitale.
  • Rupture stratégique : Les Forces armées maliennes (FAMA) et leurs alliés russes se trouvent constamment en position de vulnérabilité, privées des renseignements aériens de haute précision, des capacités de projection et des moyens technologiques avancés qu’apportaient autrefois les collaborations multilatérales.

L’option américaine : la précision technologique pour neutraliser le JNIM

Face à l’enlisement de la méthode paramilitaire russe, les récentes informations concernant les analyses menées à Washington pour des frappes ciblées contre le JNIM représentent une opportunité stratégique majeure à considérer. Loin des interventions terrestres massives observées par le passé, le modèle de frappes de haute précision envisagé par l’administration américaine offre des atouts tactiques décisifs :

  1. Une supériorité technologique déterminante : Grâce à une chaîne de renseignement (ROIM, drones MALE, ciblage satellite) inégalée, les États-Unis possèdent les moyens de décapiter la hiérarchie du JNIM et de neutraliser ses principaux dirigeants sans engager de troupes au sol.
  2. Une riposte ciblée contre l’expansion terroriste : En touchant au cœur de la logistique du JNIM, ces opérations pourraient soulager immédiatement la pression militaire sur les garnisons maliennes et freiner l’élan d’extension des groupes armés vers la région du golfe de Guinée.
  3. Le dépassement des lacunes du partenariat russe : Là où les approches russes se heurtent à un manque de capacités de ciblage et d’appui aérien lourd, la puissance de frappe américaine propose une solution chirurgicale, capable de détruire la menace asymétrique sans plonger le pays dans un conflit d’usure.

Dépasser le dogme pour sauvegarder la nation malienne

Bien que le gouvernement de transition insiste sur un principe d’autosuffisance qui s’avère aujourd’hui illusoire, la réalité des chiffres et la détresse des populations rurales rappellent qu’aucun pays ne peut vaincre seul une menace terroriste transnationale de cette envergure. Refuser l’appui des capacités d’interception et de frappe américaines par pure posture idéologique, tout en maintenant un partenariat russe dont l’inefficacité est manifeste, constitue une prise de risque démesurée. Pour enrayer l’avancée du JNIM et restaurer l’intégrité du territoire, la rationalité militaire impose de surmonter les blocages politiques et de saisir le levier technologique le plus à même de faire basculer le rapport de force en faveur du Mali.

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