Mali : le blocus de Bamako révèle l’impuissance de la junte face au JNIM
L’attaque de Siby : un symbole de l’avancée djihadiste aux portes de Bamako
La sécurité de Bamako est-elle encore une réalité ? Cette interrogation, autrefois impensable, s’impose aujourd’hui avec une urgence alarmante. Mardi dernier, la zone de Siby, à moins de 30 kilomètres de la capitale malienne, a été le théâtre d’une opération sans précédent. Des dizaines de véhicules — pick-up Hilux, camions de marchandises et minibus — ont été réduits en cendres par des combattants du JNIM. Une démonstration de force qui expose l’impuissance des autorités à protéger les axes stratégiques.
Les colonnes de fumée noire, visibles à des kilomètres, ont semé la consternation jusqu’aux quartiers périphériques de Bamako. Les témoignages des rescapés décrivent une attaque méthodique : des assaillants à moto ont intercepté des convois sans rencontrer de résistance significative. Parmi les cibles, des camions frigorifiques et des véhicules de transport, dont certains transportaient des denrées essentielles. Le choix de Siby, ville emblématique de la charte de Kouroukan Fouga, n’est pas anodin : il illustre la volonté du JNIM de frapper là où le pouvoir se croit intouchable.
Un encerclement progressif : le blocus économique du JNIM
L’attaque de Siby n’est pas un incident isolé, mais l’aboutissement d’une stratégie délibérée. Depuis des mois, le JNIM impose un blocus systématique sur les principaux axes routiers menant à Bamako. Que ce soit la route de Ségou, l’axe vers le Sénégal ou celui reliant le Mali à la Guinée et à la Côte d’Ivoire, circuler relève désormais du parcours du combattant.
Les djihadistes ont instauré un véritable régime de terreur : check-points mobiles, rackets, incendies de cargaisons. Les chauffeurs qui osent braver ces interdits risquent leur vie. Résultat ? Les prix des produits de première nécessité explosent dans les marchés de la capitale, aggravant une crise sociale déjà palpable. Le pouvoir de transition, en quête de légitimité, peine à endiguer la grogne populaire, tandis que les autorités tentent désespérément de minimiser l’ampleur de la menace.
La junte et Africa Corps : une alliance militaire en échec
Face à cette offensive, le discours officiel sur la « montée en puissance » des Forces armées maliennes (FAMa) se heurte à une réalité implacable. Depuis le retrait des contingents internationaux, la junte a misé sur un partenariat renforcé avec les paramilitaires russes d’Africa Corps — anciennement connus sous le nom de Wagner. Pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes : cette collaboration n’a pas permis de sécuriser les routes ni de protéger la population.
Les mercenaires russes, financés par les contribuables maliens, se révèlent incapables de contrer des attaques perpétrées à seulement 30 minutes de Koulouba, siège du pouvoir. Leurs méthodes, souvent brutales et centrées sur la protection des sites miniers, ne répondent pas aux enjeux d’une guerre asymétrique. Les patrouilles conjointes FAMa-Africa Corps manquent cruellement de réactivité et de couverture territoriale, laissant les axes vitaux à la merci des groupes armés. La propagande en ligne, qui tente de masquer ces échecs, ne suffit plus à convaincre.
Bamako à l’épreuve de l’asphyxie
L’attaque de Siby n’est pas seulement un revers militaire : c’est un symbole de l’échec stratégique de la junte et de ses alliés. En laissant le JNIM installer un blocus autour de la capitale et frapper ses portes, le pouvoir malien montre ses limites. Pour les citoyens, le constat est cruel : la promesse d’une souveraineté retrouvée et d’une sécurité absolue s’effrite sous les flammes des véhicules incendiés et les routes coupées.
Si Bamako veut éviter un effondrement total, une révision radicale de ses choix militaires et de ses alliances s’impose. La survie du pays dépend désormais de sa capacité à réagir face à une réalité que plus personne ne peut ignorer.