Mali : nouvelles restrictions sur les motos de 125 cm³ pour renforcer la sécurité
Mali : nouvelles restrictions sur les motos de 125 cm³ pour renforcer la sécurité
Depuis le 3 juin, le gouvernement malien a instauré une suspension d’une durée d’un an, renouvelable, concernant l’importation, la vente et la circulation des motos d’une cylindrée de 125 cm³ ou supérieure en dehors des principales agglomérations. Bamako justifie cette décision par des impératifs de sécurité nationale, bien que ces engins jouent un rôle clé dans les déplacements quotidiens et l’économie locale.
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Cette mesure restrictive, l’une des plus strictes jamais prises en matière de mobilité civile au Mali, s’applique désormais à toutes les zones situées en dehors des grandes villes, des capitales régionales, des chefs-lieux de cercle et d’arrondissement. Un arrêté interministériel, signé par les responsables de la Défense, de la Justice, de la Sécurité, de l’Administration territoriale et des Transports, impose son application immédiate. Les autorités locales conservent la possibilité d’étendre ces restrictions selon l’évolution de la situation sécuritaire.
Les autorités maliennes pointent du doigt l’utilisation massive des deux-roues par les groupes armés pour leurs opérations. Ces engins, disponibles à bas coût et adaptés aux terrains difficiles, sont devenus des outils stratégiques dans les conflits sahéliens. Ils permettent aux combattants de se déplacer rapidement, de transporter du matériel ou d’effectuer des attaques éclair avant de disparaître dans la nature. Plusieurs pays de la région, comme le Burkina Faso et le Niger, ont déjà adopté des mesures similaires pour limiter leur usage par les groupes terroristes.
Une interdiction qui va au-delà de la circulation
L’interdiction ne se limite pas à la circulation. Bamako suspend également, pour une année renouvelable, l’importation, le transit, la vente, la commercialisation et même la distribution gratuite des motos concernées ainsi que de leurs pièces détachées. Les commerçants et entreprises détenant des stocks disposent de 90 jours pour déclarer leurs inventaires aux autorités compétentes. À défaut, les engins pourront être saisis. Cette mesure touche de plein fouet plusieurs secteurs : revendeurs, transporteurs, mécaniciens, commerçants de pièces et opérateurs de transport informel.
L’impact de ces restrictions pourrait être particulièrement sévère dans les zones rurales, où les motos constituent souvent le seul moyen de transport. Sur un territoire de plus de 1,24 million de km², ces engins assurent les déplacements agricoles, l’accès aux soins, le transport scolaire et les activités commerciales. Ils représentent également une source de revenus majeure pour les petits transporteurs et commerçants locaux.