Maroc et Mali : une solidarité renforcée face aux défis terroristes

Maroc et Mali : une solidarité renforcée face aux défis terroristes

Marrakech – Une position ferme du Maroc en faveur du Mali

Le Maroc a réitéré, mardi devant le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, son soutien sans faille au Mali après les attaques coordonnées de terroristes et de séparatistes qui ont frappé ce pays d’Afrique de l’Ouest ce samedi. La délégation marocaine a condamné avec la plus grande fermeté ces actes visant des zones civiles et militaires, exprimant sa compassion aux familles des victimes et au peuple malien.

Dans cette déclaration, le Maroc a réaffirmé son appui total à la souveraineté, à la sécurité et à la stabilité du Mali, tout en appelant à la mobilisation des fonds nécessaires pour une réponse rapide et adaptée, en coordination étroite avec les autorités maliennes.

Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de la réaction immédiate du Maroc, qui avait déjà condamné ces actes criminels dans les heures suivant les attaques. Une source diplomatique marocaine avait alors déclaré : « Le Royaume du Maroc condamne avec la plus grande vigueur ces actes lâches et criminels », réaffirmant ainsi le soutien de Rabat aux autorités maliennes dans leur lutte contre le terrorisme et le séparatisme sur l’ensemble du territoire malien et du Sahel.

Des attaques d’une ampleur inédite au Mali

Ces attaques, d’une envergure sans précédent, ont été menées par des jihadistes liés à Al-Qaïda ainsi que par des séparatistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Sept villes, dont Bamako, Kati, Kidal et Gao, ont été ciblées lors de ces assauts coordonnés.

Parmi les conséquences de ces attaques, on note la mort du ministre malien de la Défense, le général Sadio Camara, tué par un attentat suicide à la voiture piégée à son domicile de Kati. Le chef de la junte, le général Assimi Goita, reste depuis introuvable. La ville stratégique de Kidal est tombée sous le contrôle des rebelles, tandis que les mercenaires du Corps africain russe se sont retirés de la ville dans le cadre d’un accord avec les groupes armés.

L’ombre portée par l’Algérie sur la crise malienne

Si le Maroc s’est rapidement positionné aux côtés de Bamako, les observateurs et analystes se tournent désormais vers ce qu’ils qualifient de « guerre de l’ombre » menée par l’Algérie contre le Mali. Une campagne systématique de déstabilisation qui s’est intensifiée depuis la décision souveraine du Mali, prise il y a deux semaines, de retirer sa reconnaissance de la « RASD » et d’appuyer officiellement le plan d’autonomie proposé par le Maroc pour le Sahara occidental.

Une réponse algérienne à l’alignement malien

Ce réalignement géopolitique a profondément ébranlé la posture régionale de l’Algérie, sapant des décennies de leviers diplomatiques soigneusement construits. Le Palais de la Mouradia, qui avait bâti son influence en Afrique autour de l’instrumentalisation du conflit du Sahara occidental, a interprété cette décision malienne comme une insubordination stratégique inacceptable.

Les analystes spécialisés dans les dynamiques sécuritaires du Sahel sont unanimes : les attaques du 25 avril ne sont pas survenues dans un vide géopolitique. Elles représentent, en réalité, une sanction punitive infligée au Mali pour avoir rompu définitivement avec la sphère d’influence algérienne.

Bamako a à plusieurs reprises accusé Alger d’abriter des factions séparatistes et de mener des interférences hostiles dans ses affaires intérieures. Ces accusations ne sont pas infondées. L’Algérie dispose en effet d’un historique documenté de soutien logistique, financier et diplomatique aux groupes séparatistes de la région. Le Front Polisario en est l’illustration la plus flagrante et prolongée. Les observateurs estiment que le même modèle opérationnel est désormais appliqué systématiquement contre l’État malien.

Une guerre informationnelle coordonnée

Les médias algériens ont réagi avec une synchronisation quasi parfaite avec les groupes armés sur le terrain. Des médias semi-officiels et des réseaux numériques proches de l’État ont lancé, en quelques heures seulement, une offensive de guerre informationnelle. Ils ont amplifié les récits séparatistes, gonflé les bilans des victimes militaires maliennes et diffusé des allégations non vérifiées concernant le sort des hauts responsables. Le message sous-jacent était clair : c’est le prix à payer pour quitter l’orbite algérienne.

Cette campagne de désinformation s’est déroulée en parallèle avec une politique de dissimulation systématique de la junte militaire malienne. Alger impose en effet un blackout quasi total sur les incidents terroristes sur son propre territoire. Des rapports de surveillance internationaux ont pourtant documenté des menaces sécuritaires actives dans la région de Blida, poussant plusieurs ambassades occidentales à émettre des avis de prudence pour leurs ressortissants.

Malgré ces réalités, l’ensemble de l’appareil médiatique algérien a adopté une posture de déni institutionnel collectif, empêchant toute brèche dans ce mur de silence. Cette contradiction révèle une dualité cynique au cœur de la politique étrangère algérienne : étouffer le terrorisme en interne tout en l’exploitant à l’extérieur comme un outil de coercition géopolitique.

La fin de l’Accord d’Alger et ses conséquences

L’abrogation de l’Accord d’Alger de 2015 par le Conseil militaire de transition malien, en réponse aux actions hostiles répétées de l’Algérie, a sonné le glas de l’hégémonie douce exercée par Alger sur le Mali. Cet accord avait pendant des années servi de mécanisme de subordination politique, maintenant les groupes armés comme une menace permanente contre le gouvernement de Bamako.

Avec la neutralisation de ce levier, et alors que le Mali diversifie activement ses partenariats stratégiques en dehors de l’emprise algérienne, la réponse d’Alger s’est traduite par une escalade calculée à travers la guerre par procuration, les opérations d’information et la déstabilisation territoriale.

Une vision marocaine fondée sur la confiance et la souveraineté

À l’inverse, la position du Maroc se distingue par sa cohérence doctrinale et sa transparence opérationnelle. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait exposé cette approche lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue burkinabè, Karamoko Jean Marie Traoré, à Rabat en juin 2024. « Le Maroc s’oppose fermement à la logique de ceux qui donnent des leçons et font du chantage aux pays du Sahel », avait-il déclaré.

En pointant directement Alger, le diplomate marocain a souligné que « même dans le voisinage du Sahel, certains pays cherchent à gérer la situation par le chantage et à régler leurs propres problèmes au détriment de la stabilité régionale ».

Il avait alors affirmé que le Maroc agit selon une logique fundamentally différente, fondée sur la confiance dans la capacité des nations du Sahel à résoudre elles-mêmes leurs crises. Rabat propose son expertise et son accompagnement sans imposer de conditionnalités ni de subordination politique.

« Les pays du Sahel n’ont pas besoin de tuteurs, mais de partenaires », avait-il conclu. Une approche qui contraste fortement avec les méthodes coercitives d’Alger, que de plus en plus d’analystes régionaux considèrent comme une forme de domination déguisée en fraternité.

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