Nucléaire en afrique : le Togo prône un partenariat gagnant-gagnant à kigali

Nucléaire en afrique : le Togo prône un partenariat gagnant-gagnant à kigali

Le Togo défend une approche équitable du nucléaire civil pour l’Afrique au sommet de Kigali

Le Nuclear Energy Innovation Summit for Africa bat son plein dans la capitale rwandaise. Cette rencontre internationale rassemble des dirigeants africains autour des enjeux énergétiques du continent. Aujourd’hui, Faure Gnassingbé, président du Togo, a exposé sa vision pour l’avenir nucléaire de l’Afrique, insistant sur la nécessité d’un modèle collaboratif et non d’une assistance unilatérale.

Face aux participants, le chef d’État togolais a rejeté toute idée de dépendance technologique. « L’Afrique ne sollicite pas une charité technologique. Elle propose un partenariat équilibré, un marché porteur et une stratégie énergétique souveraine », a-t-il affirmé avec conviction.

L’Afrique accélère sa transition vers le nucléaire civil

Plusieurs nations africaines renforcent actuellement leurs ambitions nucléaires pour répondre à une demande énergétique croissante. L’Égypte construit la centrale d’El Dabaa, tandis que l’Afrique du Sud exploite depuis des années la centrale de Koeberg, seule installation opérationnelle du continent. Ces projets illustrent l’engouement continental pour cette source d’énergie.

Selon les données de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de nombreux pays africains négocient avec des partenaires internationaux pour développer des capacités nucléaires, principalement afin de combler des déficits énergétiques persistants et de soutenir leur croissance économique.

Uranium, compétences et souveraineté : les défis à relever

Le sous-sol africain regorge de ressources stratégiques comme l’uranium, dont le Niger et la Namibie sont parmi les principaux producteurs. Pourtant, malgré ces atouts naturels, le continent dépend encore largement des technologies étrangères pour concevoir, construire et exploiter ses infrastructures nucléaires.

Les projets en cours reposent majoritairement sur des alliances techniques avec des pays disposant d’une industrie nucléaire avancée. Cette situation soulève des questions sur l’autonomie énergétique et la maîtrise locale des savoir-faire critiques.

Formation, régulation et financement : les piliers d’un nucléaire africain

Les échanges du sommet ont mis en lumière plusieurs priorités pour concrétiser les ambitions nucléaires africaines. Les experts ont souligné l’urgence de former des ingénieurs spécialisés et des experts en sûreté nucléaire. La création d’autorités de régulation indépendantes est également présentée comme une étape indispensable avant tout déploiement d’infrastructures.

Le financement, souvent colossal et s’étalant sur plusieurs décennies, représente un autre obstacle de taille pour les États africains. Les prochaines étapes consisteront à finaliser les accords de coopération annoncés et à structurer des programmes nationaux ambitieux, alignés sur les réalités économiques du continent.

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