Lors d’une rencontre officielle au Palais de la République, Ousmane Sonko a réaffirmé sa position sur les fonds politiques, un sujet qui divise depuis plusieurs années. Le chef du gouvernement a rappelé que cette question avait été soulevée bien avant 2024, soulignant que la transparence absolue devait primer sur toute autre considération.
Le président Bassirou Diomaye Faye, interrogé sur le même sujet, avait alors défendu l’existence de ces fonds en invoquant des impératifs sécuritaires et des engagements internationaux. Il avait justifié leur opacité partielle par la nécessité de protéger les intérêts stratégiques du Sénégal, une prise de position qui a suscité des réactions vives au sein de l’exécutif.
Ousmane Sonko a riposté sans détour : « Je ne partage pas l’analyse du président Diomaye Faye. Il s’est trompé sur ce dossier. J’espère sincèrement qu’il reviendra sur sa décision. » Le Premier ministre a rappelé que cette question avait été portée par son camp dès 2019, bien avant l’arrivée de l’actuelle majorité au pouvoir.
Il a précisé sa pensée : « Supprimer ces fonds n’est pas notre objectif. En revanche, leur contrôle doit être aussi rigoureux que dans les démocraties les plus avancées, comme en France. » Il a illustré son propos en évoquant la gestion des fonds politiques au sein de la Primature, où il supervise directement un budget de 1,77 milliard de francs CFA. Selon lui, ces ressources ne doivent en aucun cas servir des intérêts personnels ou partisan.
Ousmane Sonko a martelé un principe inaltérable : « Aucun franc du contribuable sénégalais ne doit échapper à l’examen public. La rigueur dans la gestion des deniers publics est une exigence démocratique. » Il a également pointé du doigt les risques liés à une législation portée par le législatif plutôt que par l’exécutif, estimant que cela compromettrait l’efficacité des réformes envisagées.
Enfin, il a annoncé sa volonté de déposer prochainement une proposition de loi en conseil des ministres, si les délais actuels ne permettent pas d’avancer rapidement sur ce dossier sensible. Une position ferme qui témoigne de sa détermination à faire évoluer les pratiques politiques au Sénégal.