Ousmane sonko député : le fdr dénonce un siège illégal à l’assemblée nationale

Ousmane sonko député : le fdr dénonce un siège illégal à l’assemblée nationale

Un siège de député sous le feu des critiques

Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) vient de lancer un pavé dans la mare en contestant la légitimité du député Ousmane Sonko à siéger à l’Assemblée nationale. Dans une déclaration officielle rendue publique hier, la coalition politique dénonce avec fermeté ce qu’elle qualifie de « violation des textes fondamentaux » et exige l’annulation immédiate de son mandat parlementaire.

Selon le FDR, les conditions ayant permis à Ousmane Sonko de retrouver un siège à l’hémicycle bafouent plusieurs dispositions constitutionnelles et électorales. La coalition s’appuie notamment sur l’article LO172 du Code électoral, qui stipule qu’un ministre élu député doit démissionner de ses fonctions gouvernementales sous huit jours, faute de quoi il perd son mandat parlementaire. Pour la coalition, Ousmane Sonko n’aurait jamais dû pouvoir se prévaloir des modifications récentes du règlement intérieur de l’Assemblée nationale pour justifier son retour.

Une réforme du règlement intérieur au cœur des tensions

Le FDR met en cause une modification du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, présentée comme une manœuvre politique visant à contourner les lois en vigueur. Pour la coalition, cette réforme n’a aucune valeur juridique, car elle ne peut se substituer à une loi organique, seule compétente pour encadrer le retour d’un membre du gouvernement à l’Assemblée nationale.

« Cette tentative de coup d’État parlementaire doit cesser immédiatement », déclare un porte-parole du FDR, soulignant que plus de 140 partis politiques et mouvements citoyens ont rejoint leur appel à la mobilisation contre cette situation. La coalition rappelle avoir publié une déclaration commune le 24 mai dernier pour dénoncer cette « atteinte aux institutions républicaines » et appeler à la résistance collective.

L’opposition saisit le Conseil constitutionnel

Face à cette crise institutionnelle, les députés de l’opposition ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel afin de faire annuler le processus ayant permis à Ousmane Sonko de retrouver un siège de député. La haute juridiction est désormais appelée à trancher sur la conformité des dispositions contestées, dans un contexte de tensions extrêmes entre majorité et opposition.

Le FDR rejette avec véhémence les allégations selon lesquelles cette mobilisation serait motivée par des calculs politiques visant à écarter le leader du Pastef. Pour la coalition, l’enjeu est bien plus large : il s’agit de « préserver l’intégrité de la démocratie et des institutions de la République ». Elle appelle l’ensemble des forces vives du pays à s’unir autour d’un plan d’action pour empêcher ce qu’elle considère comme une « violation flagrante des lois » et un « affaiblissement des fondements républicains ».

La décision du Conseil constitutionnel est désormais attendue avec impatience, tant par les défenseurs de la légalité que par ceux qui, au contraire, soutiennent le maintien d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Dans tous les cas, cette affaire promet de redéfinir les rapports entre le gouvernement et le Parlement pour les années à venir.

tribuneaes