Ousmane sonko lance une task force pour relancer 245 infrastructures au Sénégal
Le Premier ministre Ousmane Sonko a convoqué, ce 21 mai 2026, un Conseil interministériel dédié aux infrastructures au Building administratif Président Mamadou Dia. À l’issue d’un audit complet, l’exécutif a recensé 245 projets et actifs publics en souffrance, totalisant des investissements bloqués dépassant plusieurs milliers de milliards de francs CFA.
Parmi ces infrastructures, 30 sont achevées mais jamais exploitées, dont 25 sont actuellement paralysées pour un montant de 279 milliards de FCFA. Quinze de ces projets ont été classés haute priorité en raison de leur enjeu économique et stratégique pour le pays.
L’État a également identifié 23 actifs déjà en exploitation pouvant être recyclés ou optimisés, pour une valeur estimée à 1 065 milliards de FCFA. S’ajoutent à cela 94 projets en cours, dont 62 sont à l’arrêt, mobilisant un investissement global de 5 227 milliards de FCFA. Leur achèvement nécessitera un apport financier supplémentaire de 973 milliards de FCFA.
L’audit a aussi porté sur le patrimoine immobilier et foncier de l’État. 97 biens ont été répertoriés, principalement situés à Dakar, avec une valeur marchande estimée à 132 milliards de FCFA.
Face à ce constat, Ousmane Sonko a ordonné la mise en place immédiate d’une task force interministérielle, placée sous sa direction. Ce comité, dont la première réunion s’est tenue dès le jour même, devra assurer un suivi hebdomadaire et rendre publique une feuille de route opérationnelle avant le 30 juin 2026.
Les missions de cette structure incluent la finalisation des chantiers en retard, la définition de modèles de gestion durables, ainsi que des stratégies de valorisation des actifs publics. Le diagnostic révèle que la majorité des blocages sont d’ordre financier : 42 projets souffrent de retards de paiement, de manque de crédits ou de financements incomplets. D’autres obstacles persistent, comme des contraintes techniques, des litiges juridiques ou l’absence de schémas d’exploitation adaptés.
Le chef du gouvernement a souligné « la situation paradoxale » des infrastructures terminées mais inutilisées, parfois depuis des années. Selon lui, ces dysfonctionnements s’expliquent par un manque de coordination entre les acteurs, des réceptions définitives non finalisées ou un décalage entre les réalisations et les besoins réels.
Plusieurs projets phares ont été ciblés par les mesures gouvernementales. Parmi eux figurent :
- Les infrastructures portuaires de Foundiougne, Soumbédioune et Ndangane ;
- Les Maisons de la Jeunesse et de la Citoyenneté dans plusieurs régions ;
- Les fermes villageoises Naatangué ANIDA ;
- Les agropoles de Mpal, Adéane, Dioulacoulon et Mbellacadiao.
L’exécutif a également pointé du doigt des grands chantiers bloqués, dont :
- L’Université du Sine-Saloum ;
- Les 45 Espaces numériques ouverts (ENO) ;
- Les aéroports régionaux de Saint-Louis, Matam et Kolda ;
- Le Terminal à conteneurs du Port de Ndayane ;
- Le Mémorial du Bateau Le Joola ;
- L’hôpital Aristide Le Dantec.
Pour dynamiser ces actifs, le gouvernement mise sur les partenariats public-privé, notamment pour les stades nationaux, les parcs et réserves naturelles, ainsi que certains actifs immobiliers de l’État et des représentations diplomatiques sénégalaises à l’étranger.
Cette opération de rationalisation vise à renforcer l’efficacité de l’investissement public, réduire les actifs dormants et améliorer la rentabilité des infrastructures financées par l’État.