Paix dans l’est de la RDC : la médiation africaine définit ses nouvelles priorités à Lomé
Le président du Conseil du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, agissant en qualité de médiateur de l’Union africaine pour la crise dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a dirigé ce lundi 8 juin 2026 à Lomé une session de travail cruciale. Cette rencontre visait à dresser le bilan des actions diplomatiques du premier semestre et à tracer une feuille de route pour la suite de l’année, dans un climat sécuritaire toujours marqué par les affrontements entre les forces loyalistes et la coalition AFC/M23.
Une coordination renforcée pour le second semestre 2026
Les discussions, qui se sont étalées sur deux jours, ont rassemblé un large éventail d’acteurs internationaux, notamment des représentants des Nations unies, de la SADC, de la CAE, de la CEEAC, de la CIRGL et du CICR. L’enjeu principal était de consolider l’architecture de médiation établie en janvier dernier à Lomé pour garantir une meilleure efficacité sur le terrain.
Parmi les orientations majeures adoptées, les participants ont insisté sur la nécessité de fluidifier la communication entre le Bureau du médiateur, le panel des facilitateurs et la Commission de l’Union africaine. L’objectif est de bâtir une position africaine forte et cohérente, capable de soutenir et de légitimer les processus diplomatiques parallèles menés à Washington et à Doha.
Un plan d’action opérationnel sous quinze jours
Pour transformer ces intentions en résultats concrets, plusieurs mesures immédiates ont été actées. Les membres du collège des facilitateurs devront ajuster leurs agendas respectifs pour les six prochains mois. De plus, un plan d’action détaillé, précisant les modalités techniques et opérationnelles des interventions, doit être finalisé dans un délai de deux semaines.
Cette dynamique s’appuie sur une répartition claire des responsabilités au sein du panel de haut niveau :
- Olusegun Obasanjo (ex-président du Nigeria) supervise les volets militaires et sécuritaires.
- Uhuru Kenyatta (ex-président du Kenya) maintient le contact avec les groupes armés locaux.
- Sahle-Work Zewde (ex-présidente de l’Éthiopie) se concentre sur l’urgence humanitaire.
- Mokgweetsi Masisi (ex-président du Botswana) gère les questions de coopération économique.
- Catherine Samba-Panza (ex-présidente de transition de Centrafrique) pilote les dossiers liés à la société civile et à la réconciliation.
En réaffirmant leur engagement collectif, les parties prenantes espèrent instaurer un climat de confiance mutuelle indispensable pour aboutir à une stabilité durable dans la région des Grands Lacs. Cette structure, placée sous l’autorité directe de Faure Gnassingbé, bénéficie également du soutien technique d’un secrétariat conjoint associant les principales organisations régionales.