Paul biya : 49 jours d’absence au Cameroun, l’omerta persiste
paul biya : 49 jours d’absence au Cameroun, l’omerta persiste
Depuis 49 jours, le Cameroun se retrouve sans son président historique. Paul Biya, 93 ans, a quitté le territoire national le 7 juin pour un séjour privé en Europe, sans donner signe de vie depuis. Dans les couloirs de Yaoundé, l’heure est à l’attente et aux spéculations les plus diverses.
Un séjour genevois qui alimente les rumeurs
Les informations officielles se font rares. Si les autorités camerounaises assurent que Paul Biya séjourne dans un hôtel genevois, aucune preuve tangible ne vient étayer cette affirmation. Le 18 juin, le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a catégoriquement démenti tout séjour hospitalier, sans pour autant apporter d’éléments concrets.
Dimanche dernier, lors de l’émission « Droit de Réponse » sur Equinoxe TV, un militant du Rdpc, Lucien Bidima, a affirmé avoir croisé le président dans un état de forme « excellent ». Pourtant, aucune image ni vidéo ne corroborent ce témoignage, laissant planer un doute sur la sincérité de cette déclaration.
Les zones d’ombre persistent, et l’absence prolongée de Paul Biya nourrit les interrogations les plus vives au sein de la population.
Chantal Biya, nouvelle figure incontournable du pouvoir ?
Cette fois, l’absence du président met en lumière l’influence grandissante de Chantal Biya. Plusieurs observateurs notent son implication croissante dans les affaires de l’État, son nom circulant même autour de certaines nominations stratégiques. Sa présence constante aux côtés de Paul Biya lors de ses déplacements en Suisse renforce l’idée que l’accès au chef de l’État passerait désormais par elle.
Le Cameroun, dépourvu de vice-président, se retrouve dans une situation constitutionnelle délicate. En cas de vacance du pouvoir, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui doit assurer l’intérim. Une procédure jamais testée dans ces circonstances, et qui suscite des inquiétudes au sein de la classe politique.
Le climat politique camerounais, déjà tendu depuis plusieurs mois, se tend davantage. Cette absence prolongée de Paul Biya laisse planer des questions sur l’avenir du pays et la stabilité de ses institutions.