Rançon massive au Mali : l’argent qui alimente le terrorisme au Sahel

Rançon massive au Mali : l’argent qui alimente le terrorisme au Sahel

Fin 2025, une transaction financière d’environ 50 millions de dollars a marqué un tournant dans la stratégie d’Al-Qaïda au Sahel. Cette rançon, versée pour libérer trois otages détenus au Mali par des groupes affiliés à Al-Qaïda, a non seulement permis aux combattants de renforcer leurs positions, mais a aussi alimenté les caisses centrales de l’organisation terroriste.

Une rançon de 50 millions de dollars aux conséquences majeures

Selon un rapport confidentiel des Nations Unies, rendu public en août 2026, cette somme colossale a été redistribuée entre les différentes katibas du Sahel, notamment celles liées au Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM). Ces fonds ont notamment servi à financer les offensives du groupe dans plusieurs zones du Mali, où le JNIM compte désormais entre 7 000 et 8 000 combattants, dont la moitié opèrent directement sur le territoire malien.

Une partie de cette rançon a également transité par Al-Qaïda au Maghreb islamique avant d’atteindre la direction centrale d’Al-Qaïda, ainsi que sa branche active au Yémen. Ces flux financiers ont permis de consolider les réseaux logistiques et opérationnels des groupes terroristes dans la région.

Les Émirats arabes unis dans le collimateur

Bien que le rapport ne cite ni les noms des otages ni ceux des payeurs, trois sources régionales bien informées désignent les Émirats arabes unis comme étant à l’origine de ce versement. Parmi les personnes libérées figuraient un citoyen émirati, un Pakistanais et un Iranien. Interrogé sur ce dossier sensible, un responsable des Émirats a réaffirmé la position de son pays : « Notre engagement contre le terrorisme reste inébranlable, et nous continuons de couper systématiquement toutes les sources de financement des groupes extrémistes. »

Le JNIM, une menace en expansion

Le JNIM, coalition regroupant plusieurs groupes armés liés à Al-Qaïda, est devenu l’un des acteurs les plus redoutés du Sahel. En avril 2026, ses combattants ont mené une attaque audacieuse contre la capitale malienne, entraînant la mort du ministre de la Défense. Quelques semaines plus tard, le groupe a même proposé une récompense de plusieurs millions d’euros pour toute information permettant de localiser le président malien, illustrant ainsi sa volonté de déstabiliser les institutions étatiques.

Les experts de l’ONU soulignent que les enlèvements contre rançon sont devenus une source de financement privilégiée pour le JNIM. Les montants demandés pour la libération d’étrangers varient généralement entre 4 et 6 millions de dollars, mais cette transaction record de 50 millions a marqué un précédent dangereux. Selon des sources sécuritaires, ces pratiques visent non seulement à générer des revenus, mais aussi à saper la confiance des populations dans la capacité des États à assurer leur sécurité.

Face à cette réalité, les autorités régionales et internationales sont appelées à renforcer leur coopération pour traquer les circuits de financement du terrorisme et empêcher que de telles rançons ne continuent de nourrir les groupes armés au Sahel.

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