Rdc : l’opposition envoie un signal fort à kabila malgré ses limites

Rdc : l’opposition envoie un signal fort à kabila malgré ses limites
Politique

rdc : l’opposition envoie un signal fort à kabila malgré ses limites

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par henry mutombo mikenyi/écrivain et chercheur en fiscalité/acteur politique.

Kinshasa, capitale de la RDC, a vécu hier une journée particulière. La « ville morte » organisée par l’opposition n’a pas atteint ses objectifs escomptés. Les marchés ont repris leurs activités, les transports ont fonctionné, l’État a maintenu son fonctionnement. Pourtant, derrière cette apparente normalité se cache un message bien plus profond.

Les rues de Kinshasa et des provinces ont montré des signes d’hésitation : rideaux mi-clos, discussions murmurées, circulation timide. Ce n’était pas un échec de l’opposition, mais la voix d’un peuple qui s’exprime sans crier, sans brandir de pancarte. Un peuple qui, par son silence, rappelle une vérité historique : les messages silencieux finissent toujours par faire trembler le pouvoir.

Rappelons-nous de ce jour où le président de la République offrait des cadeaux aux Léopards, l’équipe nationale de football, après leur participation à la Coupe du monde. La réaction des Kinois a été unanime : « où est notre part ? » Pas par jalousie sportive, mais par exaspération face à un système où les promesses restent des illusions. Un peuple affamé n’a pas d’oreilles pour les discours éloquents.

Les promesses de six millions d’emplois, faites il y a sept ans, résonnent encore dans les quartiers populaires. De Matete à Mont-Ngafula, en passant par Bandal et Masina, les jeunes attendent toujours leur place dans l’économie nationale. Ils ne mendient pas, ils réclament ce qui leur a été promis. L’histoire enseigne une leçon immuable : un pouvoir ne se maintient que s’il répond aux besoins concrets de sa population.

Patrice Lumumba n’a jamais trahi le peuple congolais ; c’est le peuple qui a été trahi après lui. Mobutu a duré tant qu’il a su acheter le silence. Mais la RDC n’est plus à l’ère des silences achetés. Aujourd’hui, les habitants de Kinshasa hésitent. Ils n’obéissent plus sans réfléchir. Cette hésitation est un avertissement politique, une prise de conscience collective face à l’urgence sociale.

L’opposition, quant à elle, n’a pas su capitaliser sur ce mécontentement. Pourquoi ? Parce que sa crédibilité est remise en question. Derrière ses actions, on devine les ombres de Joseph Kabila, dont les liens avec des intérêts régionaux sont bien connus. Les Congolais rejettent avec fermeté toute ingérence étrangère dans leurs affaires. Ils choisissent leurs combats et refusent qu’on instrumentalise leur colère.

Le message doit être entendu clairement : le peuple ne cherche pas le chaos. Il aspire à une gouvernance qui le comprend, qui parle son langage. Priorités absolues : l’emploi des jeunes, la justice sociale, la transparence de l’État et la réduction des inégalités. Chaque faille dans la gestion publique devient une opportunité pour l’opposition lors des prochaines mobilisations. Ne lui offrez plus d’arguments.

À l’heure où une réforme constitutionnelle se profile, le peuple attend un geste fort. Monsieur le président de la République, il est temps de former un nouveau gouvernement. Pas un gouvernement de routine, mais un gouvernement de combat. Un combat pour la réforme constitutionnelle, certes, mais surtout pour la dignité du peuple. Ceux qui vous soutiennent depuis 2018 méritent mieux que des promesses creuses. Ils méritent des résultats tangibles. Ne les décevez pas, car le Congo ne supplie pas : il rappelle, et quand il rappelle, les palais doivent écouter.

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