RDC : Tshisekedi cède sous la pression de la C64

RDC : Tshisekedi cède sous la pression de la C64

RDC : Tshisekedi cède sous la pression de la C64

RDC, Kinshasa 2026 | La coalition d’opposition C64 fait une déclaration

Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, a surpris l’opinion publique en renvoyant devant le Parlement, pour une seconde lecture, la loi référendaire validée par la Cour constitutionnelle. Cette décision intervient à la veille de l’expiration de l’ultimatum imposé par la coalition C64, qui expire ce samedi 15 août. La pression exercée par cette alliance d’opposition et par la société civile semble avoir forcé le chef de l’État à reculer tactiquement.

La C64, forte d’une soixantaine d’organisations, exigeait de Tshisekedi l’abandon pur et simple de son projet de réforme constitutionnelle et le rejet catégorique de la loi référendaire avant minuit samedi. En outre, elle réclamait l’ouverture urgente d’un dialogue national inclusif. Pourtant, à l’approche de l’échéance, aucune date n’a encore été fixée pour entamer ces discussions.

Un recul stratégique face à l’opposition

La loi sur l’organisation du référendum aurait dû entrer en vigueur automatiquement, faute de promulgation dans les quinze jours prévus par la Constitution congolaise. Pourtant, le président a choisi de la soumettre à une nouvelle délibération parlementaire, en tenant compte des réserves émises par la Cour constitutionnelle. Cette manœuvre est perçue comme un recul, mais les observateurs s’interrogent sur sa portée réelle.

Selon le professeur Bob Kabamba, politologue à l’université de Liège, cette décision reflète une tentative de Tshisekedi de temporiser sous la pression, sans pour autant renoncer à son objectif de prolonger son mandat au-delà de 2028. « Les pressions internes et régionales, ainsi que les consultations menées en coulisses, ont poussé le président à faire marche arrière. C’est un recul tactique, mais qui ne l’empêchera pas de chercher d’autres voies pour contourner l’obstacle constitutionnel », analyse-t-il.

Le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition s’intensifie, alors que les deux camps campent sur leurs positions. La C64, quant à elle, se prépare à des actions d’envergure après l’expiration de l’ultimatum.

La C64 annonce des actions après l’ultimatum

Bien que la coalition Article 64 salue le renvoi de la loi au Parlement, elle maintient une pression constante sur le président. Franklin Tshiamala, secrétaire général du Leadership pour la gouvernance et le développement (LGD), a prévenu que, dès minuit samedi, la C64 dévoilera une série d’opérations ciblées pour faire entendre sa voix. « À partir du 15 août à minuit, nous constaterons que rien n’a changé. Nous lancerons alors des actions décisives depuis notre laboratoire d’idées pour restaurer notre liberté et notre souveraineté nationale, confisquées par ce régime », a-t-il déclaré.

Du côté du pouvoir, le processus référendaire est présenté comme une démarche légitime et institutionnelle. Adolphe Amisi Makutano, cadre de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti présidentiel, rejette catégoriquement l’ultimatum de la C64, le qualifiant d’« exigence artificielle, sans fondement juridique ». « La République continue de fonctionner normalement. Cet ultimatum ne saurait dicter l’agenda du président », a-t-il affirmé.

Un face-à-face politique aux enjeux majeurs

Le rendez-vous de ce samedi pourrait marquer un tournant dans la crise politique congolaise. Alors que Tshisekedi tente de désamorcer la crise par des concessions tactiques, la C64 reste déterminée à obtenir gain de cause. Les prochaines heures s’annoncent décisives pour l’avenir institutionnel de la RDC.

La tension reste palpable à Kinshasa, où chaque camp prépare ses prochaines manœuvres. La société civile, quant à elle, joue un rôle central dans ce rapport de forces, en soutenant activement les revendications de la C64.

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