Réforme constitutionnelle en RDC : l’exigence d’un consensus national pour la stabilité

Réforme constitutionnelle en RDC : l’exigence d’un consensus national pour la stabilité

Le débat sur la révision de la loi fondamentale en République démocratique du Congo s’est invité sur la scène internationale. Lors d’une rencontre diplomatique à Genève, en Suisse, la question du cadre légal congolais a été au centre des échanges lors du dialogue interactif du Conseil des droits de l’homme.

L’impératif d’un dialogue inclusif

Abdoul Aziz Thioye, représentant le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a exprimé ses inquiétudes face au rétrécissement de l’espace civique en République démocratique du Congo. Évoquant les récentes tensions observées à Kinshasa, il a souligné que tout projet de réforme constitutionnelle doit impérativement s’appuyer sur une entente nationale globale.

« Pour garantir la cohésion sociale, chaque voix doit être écoutée. Un processus qui ignorerait le consensus ou les engagements internationaux en matière de droits humains risquerait de fragiliser gravement l’équilibre du pays », a-t-il averti.

Soutien à la justice et protection des droits

Au-delà des enjeux politiques, l’accent a été mis sur les efforts fournis pour lutter contre l’impunité. Malgré des moyens limités, l’accompagnement technique a permis d’aboutir à la condamnation de 109 individus impliqués dans des violations des droits humains. Parallèlement, une assistance psychologique, juridique et financière a été octroyée à 150 journalistes et défenseurs des droits de l’homme, incluant parfois des mesures de relocalisation pour assurer leur sécurité.

Une classe politique divisée et une sécurité précaire

En RDC, le paysage politique est actuellement scindé entre deux blocs majeurs : la Coalition Article 64 (C64), qui s’oppose fermement à toute modification de l’ordre constitutionnel, et la Coalition des Congolais pour le Changement de la Constitution (C4), favorable à une nouvelle orientation. Ces deux camps revendiquent chacun la légitimité populaire.

Cette polarisation survient alors que l’Est de la République démocratique du Congo traverse une crise sécuritaire profonde. Les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent le théâtre d’affrontements violents impliquant la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda, ainsi que les attaques récurrentes des ADF. Dans ce contexte, la stabilité institutionnelle apparaît comme un enjeu majeur face à des initiatives diplomatiques qui peinent encore à transformer la situation sur le terrain.

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