Sénégal : le chef du gouvernement Ousmane Sonko écarté par le président

Sénégal : le chef du gouvernement Ousmane Sonko écarté par le président

Portrait officiel du Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko

Un tournant politique inattendu au Sénégal

Le paysage politique sénégalais s’apprête à vivre une période d’intenses remous. Ce vendredi, le président de la République a annoncé le limogeage de son Premier ministre, Ousmane Sonko. Une décision prise dans l’urgence, peu après un échange tendu entre l’ex-chef du gouvernement et les députés à l’Assemblée nationale.

Des déclarations qui ont précipité les événements

Quelques semaines plus tôt, dans une interview diffusée sur plusieurs chaînes télévisées, le président Bassirou Diomaye Faye avait tenté de calmer les rumeurs autour d’une possible crise institutionnelle. « Il est mon Premier ministre. Tant qu’il occupe ce poste, c’est qu’il bénéficie de ma confiance. Le jour où cela changera, je procéderai à son remplacement », avait-il affirmé, affichant une apparente sérénité.

Peu après ces déclarations, Ousmane Sonko avait réagi avec véhémence lors d’un rassemblement, dénonçant l’existence de fonds politiques occultes. Il avait également rappelé que son parti, le Pastef, incarne avant tout un projet collectif, fondé sur l’abnégation et le dévouement à la nation.

Un remaniement stratégique au sommet de l’État

Deux jours après ces échanges, le président a nommé Me Abdoulaye Tine comme porte-parole de la Présidence. Ce dernier, qui préside également les Cadres de la coalition Diomaye Président, remplace Ousseynou Ly, considéré comme un proche d’Ousmane Sonko. Dès son éviction, ce dernier avait réaffirmé sa loyauté envers son parti et son engagement en faveur d’un Sénégal plus souverain et prospère.

« Mon allégeance au projet de transformation porté par le Pastef, sous la direction du président Ousmane Sonko, reste inébranlable. Ce projet, symbole d’espoir et de justice sociale, continue de guider notre action », avait-il déclaré.

Des divergences sur l’avenir de la coalition au cœur des tensions

Les désaccords portent notamment sur l’avenir de la coalition Diomaye Président. Si Ousmane Sonko prône sa dissolution, le président Bassirou Diomaye Faye insiste, quant à lui, sur la nécessité de maintenir cette alliance, cruciale pour la victoire de 2024.

Un contexte économique sous haute tension

Ces remous politiques surviennent dans un contexte économique particulièrement fragile. Le Sénégal fait face à un ralentissement de son activité, tandis que sa dette publique atteint près de 132 % du PIB. La signature souveraine du pays a été dégradée à plusieurs reprises, dans un environnement marqué par des difficultés d’accès aux marchés internationaux et l’attente d’un nouvel accord avec le Fonds monétaire international.

Cette situation semble sceller la fin d’un partenariat politique né il y a une décennie. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024, Ousmane Sonko avait alors désigné Bassirou Diomaye Faye pour représenter le Pastef. Face à Amadou Ba, ancien Premier ministre sous Macky Sall, ce dernier l’avait emporté dès le premier tour avec plus de 54 % des voix.

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