Les promesses faites à la présidence camerounaise par Pierre Castel n’ont pas suffi à retenir Somdia. Le groupe a finalement choisi de quitter la Sosucam, mais les raisons avancées à l’entourage du président diffèrent largement de la réalité.
Selon Albin Njilo, « les véritables motivations de ce départ sont bien plus complexes que les querelles familiales évoquées. Somdia a signé un contrat d’investissement de 100 milliards de FCFA avec la Côte d’Ivoire pour développer son secteur sucrier, là où le Cameroun n’offre plus les conditions nécessaires à son épanouissement. »*
Le journaliste révèle une stratégie de prédation économique orchestrée par des élites locales : « au Cameroun, des licences d’importation de sucre ont été attribuées à des proches du régime, noyant le marché de produits à bas prix. La Sosucam, malgré un investissement de 4,5 milliards de FCFA l’an dernier pour tenter de résister, a vu ses ventes s’effondrer. Pendant ce temps, 125 milliards de FCFA de sucre importé ont envahi le marché, souvent avec des avantages douaniers douteux. »*
Il ajoute : « certains de ces importateurs, agissant comme des prête-noms pour des responsables politiques, revendent même ce sucre à l’étranger après l’avoir déclaré destiné au marché local. Une partie de ces stocks, bloquée à Ngaoundéré depuis la réinstauration des barrières douanières tchadiennes, finit par revenir subrepticement au Cameroun, aggravant la crise. »*
Pourquoi la Côte d’Ivoire attire désormais Somdia ?
« Contrairement au Cameroun, la Côte d’Ivoire applique une gestion rigoureuse des quotas d’importation. Les licences ne sont délivrées qu’aux producteurs locaux en cas de pénurie avérée, et non à des intermédiaires sans scrupules. Résultat : les investisseurs comme Somdia y trouvent un environnement plus stable et prévisible. »*
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