Soutien populaire à l’armée malienne face aux menaces terroristes

Soutien populaire à l’armée malienne face aux menaces terroristes

Depuis plusieurs années, le Mali fait face à une menace terroriste persistante qui a atteint un paroxysme avec les attaques coordonnées du 25 avril dernier. Ces assauts, menés par des groupes armés comme le Jnim (lié à al-Qaïda) et le FLA, ont coûté la vie au général Sadio Camara, ministre de la Défense, et ont permis aux insurgés de s’emparer de Kidal. Malgré ce contexte difficile, les autorités de transition, soutenues par l’armée malienne et ses partenaires de l’Africa Corps, affichent une détermination sans faille pour préserver l’intégrité du pays. Moussa Ag Acharatoumane, membre du Conseil national de transition et dirigeant du MSA, un groupe allié à Bamako, partage son analyse sur la situation actuelle.

Moussa Ag Acharatoumane, porte-parole du CSP, analyse la crise sécuritaire au Mali

L’armée malienne, pilier de la stabilité selon le Conseil national de transition

Moussa Ag Acharatoumane : « Assimi Goïta est le président dont le Mali a besoin. Malgré les attaques du 25 avril, notre pays reste debout, agit et résiste. Les forces de défense et de sécurité ont repoussé les assauts terroristes, malgré la complexité des opérations et les complicités internes et externes. Aujourd’hui, notre armée est unie, le commandement est soudé et les soldats sur le terrain font preuve d’un moral d’acier. Les opérations se poursuivent sur l’ensemble du territoire national. »

Pour Moussa Ag Acharatoumane, la solidité du régime ne fait aucun doute. « Le régime est solide, mais c’est surtout le peuple malien qui l’est. Les Maliens aiment leur armée, leur pouvoir et leur pays. Cette détermination collective est notre meilleure arme contre le terrorisme. »

Une alliance jihadiste et indépendantiste jugée « grotesque »

L’interview aborde ensuite la question de l’alliance entre le Jnim (lié à al-Qaïda) et le FLA, deux groupes aux idéologies opposées mais unis dans leur lutte contre l’État malien. Moussa Ag Acharatoumane n’y va pas par quatre chemins : « Tout le monde connaît al-Qaïda. Les frères qui s’allient à cette organisation n’ont pas tiré les leçons de 2012. À l’époque, une telle tentative avait déjà échoué, et les conséquences avaient été désastreuses pour notre pays. »

Il rappelle que certains dirigeants du FLA ont eux-mêmes été victimes d’al-Qaïda, notamment avec l’assassinat des journalistes Ghislain Dupont et Claude Verlon en 2013, revendiqué par l’organisation terroriste. « Cette alliance est une erreur grotesque. Nos frères doivent en prendre conscience et revenir en arrière. Ils doivent suivre l’exemple du MSA et du Gatia, qui ont choisi de s’allier à l’armée malienne pour combattre le terrorisme international. »

Moussa Ag Acharatoumane souligne également les preuves de cette collaboration douteuse : « Quand on voit l’organe officiel d’al-Qaïda mentionner son alliance avec le FLA, quand on voit Iyad Ag Ghali coordonner les opérations à Kidal aux côtés d’Alghabass Ag Intallah, quand on observe les défilés dans les rues avec des drapeaux noirs et des projets sataniques, il est clair que nos frères sont dans l’erreur. Ils ont été victimes de ces groupes en 2012, et ce sont les mêmes acteurs qui agissent en 2026. »

Kidal sous contrôle des groupes armés : quelles perspectives pour l’armée malienne ?

Les questions se tournent ensuite vers la situation à Kidal, désormais sous le contrôle du Jnim et du FLA. Les forces maliennes et leurs partenaires de l’Africa Corps restent présents à Aguelhoc et Anéfis. Moussa Ag Acharatoumane assure que des contre-offensives sont en préparation : « Les forces de défense et de sécurité sont en pleine réorganisation et déterminées. Elles ne céderont pas un centimètre de territoire à des organisations terroristes. »

Concernant le général El Hadj Ag Gamou, nommé gouverneur de Kidal en 2023, l’interviewé précise : « Il va très bien, avec le moral haut et les pieds sur terre. Il est gouverneur de la région et supervise les opérations, mais c’est l’armée qui mène les offensives et assure le redéploiement des troupes. »

Ménaka : une situation sous contrôle, mais toujours sous tension

Dans sa région d’origine, Ménaka, Moussa Ag Acharatoumane évoque une situation calme, mais sous haute surveillance : « L’administration a repris ses fonctions, la vie normale est de retour, et les forces de sécurité, avec leurs partenaires, assurent des patrouilles régulières. Cependant, il ne faut pas se leurrer : la menace est toujours présente. Nous sommes en guerre contre l’une des organisations terroristes les plus dangereuses au monde. »

Dialogue avec les groupes armés : une option exclue par les autorités

Enfin, la question du dialogue avec le Jnim et le FLA est abordée, une option soutenue par certains opposants comme la Coalition des forces pour la République (CFR) de l’imam Dicko. Moussa Ag Acharatoumane est catégorique : « Il n’y a rien à discuter avec des groupes qui ont pour projet la destruction de notre pays. L’État malien protège sa population et son intégrité territoriale. Si nos frères reviennent à de meilleurs sentiments, il y aura de la place pour tout le monde, mais pas dans ces conditions. »

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