Succès masra toujours emprisonné au Tchad après rejet de son appel

Succès masra toujours emprisonné au Tchad après rejet de son appel

Succès Masra reste emprisonné au Tchad après le rejet de son appel

La Cour suprême du Tchad a confirmé, ce jeudi 21 mai, la condamnation de Succès Masra, figure majeure de l’opposition tchadienne. L’ancien Premier ministre, toujours incarcéré, voit ainsi ses espoirs de libération s’éloigner après le rejet de son recours en appel.

Succès Masra toujours en prison après rejet de son appel

Une condamnation confirmée malgré les recours juridiques

L’appel de Succès Masra a été rejeté par la plus haute instance judiciaire du Tchad, malgré les arguments avancés par son avocat, Me Francis Kadjilembaye. Condamné en août 2025 à vingt ans de prison ferme pour « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » ainsi que pour « complicité de meurtre », l’opposant reste derrière les barreaux. « La Cour a fait fi de tous nos arguments juridiques », a déclaré son défenseur après l’audience.

Arrêté en mai 2025, Succès Masra avait été nommé Premier ministre en 2024 avant de devenir l’un des principaux adversaires du président Mahamat Idriss Déby Itno lors de l’élection présidentielle de la même année. Les résultats officiels lui attribuaient 18,5 % des voix contre 61,3 % pour le chef de l’État, des chiffres contestés par l’opposant.

Des organisations de défense des droits humains dénoncent un procès politique

Plusieurs observateurs dénoncent un procès instrumentalisé à des fins politiques. Human Rights Watch qualifie l’affaire de procédure motivée par des considérations politiques, soulignant que la détention de Succès Masra reflète l’intolérance du gouvernement tchadien envers la dissidence.

Jeudi, un important dispositif de sécurité encadrait la Cour suprême à N’Djamena. Selon des témoins présents sur place, plusieurs journalistes se sont vu refuser l’accès à l’audience, renforçant les craintes d’une justice sous influence.

Un climat politique tendu au Tchad

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions politiques. Début mai, huit responsables de l’opposition ont été condamnés à huit ans de prison, notamment pour insurrection. Les autorités ont également dissous la principale coalition d’opposition quelques jours avant ces condamnations. Les partis d’opposition dénoncent régulièrement des intimidations et l’interdiction de manifestations publiques.

La situation s’est encore dégradée fin avril, lorsqu’un militant du parti Les Transformateurs, dirigé par Succès Masra, a été tué par les forces de l’ordre lors d’un rassemblement réclamant sa libération.

Le parcours d’un opposant devenu Premier ministre

Économiste formé en France et au Cameroun, Succès Masra s’est imposé comme l’une des principales voix critiques du régime avant d’être nommé Premier ministre en 2024. Son parcours politique, marqué par une opposition frontale au président Mahamat Idriss Déby Itno, a pris un tournant inattendu avec sa nomination au gouvernement. Il s’était présenté contre le chef de l’État lors de l’élection présidentielle de 2024, revendiquant une victoire qu’il estimait légitime.

Son incarcération prolongée et le rejet de son appel illustrent les défis auxquels font face les figures de l’opposition au Tchad, dans un pays où la liberté d’expression et la contestation politique sont de plus en plus restreintes.

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