Tensions à l’assemblée sur le référendum en RDC
La salle des débats de l’Assemblée Nationale à Kinshasa a été le théâtre d’affrontements verbaux lors de l’examen d’un texte législatif controversé. La proposition de loi encadrant l’organisation des référendums a provoqué une fracture entre les bancs de la majorité et ceux de l’opposition.
Une réforme juridique au cœur des tensions
Le texte, porté par le député Paul-Gaspard Ngondankoy, vise à moderniser le cadre légal des référendums en remplaçant une loi héritée de la transition de 2005. Les partisans de cette initiative, comme Steve Mbikayi, député de Mont-Amba et président du Parti Travailliste, y voient une avancée nécessaire pour permettre au peuple de s’exprimer directement sur les grands enjeux nationaux.
« Le droit de juger de l’opportunité des réformes constitutionnelles ou légales appartient à la majorité au pouvoir. La Constitution ne confère aucun droit à l’opposition d’initier ou de contester ces réformes. Seuls le parlement, le chef de l’État ou plus de 5 000 Congolais par pétition peuvent en faire la demande. Tout le reste relève de gesticulations inutiles », déclare Steve Mbikayi.
L’opposition dénonce une manœuvre constitutionnelle
Le groupe parlementaire Ensemble pour la République a choisi de boycotter les débats, estimant que cette réforme s’inscrit dans une logique dangereuse. Pour Christian Mwando, membre de ce groupe, organiser un référendum dans le contexte actuel reviendrait à légitimer indirectement la présence des groupes armés dans l’Est du pays.
« Nous exigeons du Président de la République l’arrêt immédiat de cette initiative, qui pourrait ouvrir la voie à une révision constitutionnelle. Ce projet est un complot contre la Constitution et menace la stabilité de la nation. Le peuple congolais doit s’y opposer », insiste Christian Mwando.
Affrontement politique et mobilisation populaire
Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a réaffirmé que l’objectif de ce texte est uniquement de fournir un cadre juridique pour des consultations populaires futures. Malgré le retrait de l’opposition, la commission compétente a validé le rapport, sous réserve d’amendements.
Les tensions ne se limitent plus aux débats parlementaires. L’opposition a annoncé une journée « ville morte » pour le 3 juin, tandis que les soutiens du pouvoir préparent une contre-manifestation à Kinshasa et dans plusieurs provinces. Le pays s’apprête à vivre une journée de confrontation politique majeure.