Ukraine rejette les accusations russes sur son soutien au m23 en rdc
C’est à Bujumbura que tout a commencé. Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, a lancé une accusation lourde de conséquences : l’Ukraine figurerait parmi les soutiens extérieurs du mouvement rebelle AFC/M23. Ce groupe armé, actif dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, contrôle désormais de vastes territoires, alimentant une crise humanitaire et sécuritaire majeure.
Kiev n’a pas tardé à réagir, avec une fermeté qui tranche. La diplomatie ukrainienne a dénoncé une manœuvre délibérée, visant à semer la confusion sur la scène internationale. « Les allégations selon lesquelles l’Ukraine apporterait un appui au M23 relèvent d’une campagne de désinformation orchestrée par Moscou. Aucune preuve ne vient étayer ces accusations, que nous rejetons catégoriquement. Cette rhétorique n’a d’autre but que de discréditer notre pays et de détourner l’attention des véritables enjeux. »
– Moscou accusée de projeter ses propres pratiques en Afrique –
L’Ukraine ne se limite pas à nier les faits. Elle retourne l’argument contre la Russie, soulignant l’hypocrisie de ses accusations. Kiev se présente comme un acteur extérieur respectueux du droit international, tandis qu’elle pointe du doigt les agissements russes sur le continent africain.
Notre pays n’interfère pas dans les conflits africains. La Russie, en revanche, y participe activement en fournissant des armes à des groupes armés, en violant les sanctions internationales et en recrutant des mercenaires locaux pour alimenter son conflit en Ukraine. Le contraste est flagrant et ne peut être ignoré.
Pour Heorhii Tykhyi, cette stratégie s’inscrit dans une logique bien rodée. Selon lui, Moscou cherche à détourner l’attention des véritables problèmes en accusant d’autres acteurs de ses propres fautes. « Accuser les autres de ce que l’on fait soi-même est une tactique connue. La Russie tente ici de saboter les efforts de médiation internationaux, notamment ceux des États-Unis, tout en masquant ses propres actions déstabilisatrices qui entravent toute solution pacifique. »
Cette escalade verbale survient alors que la crise dans l’est de la République démocratique du Congo s’aggrave, attirant l’attention des puissances étrangères. Les échanges d’accusations entre acteurs internationaux illustrent l’enjeu géopolitique croissant du conflit, chaque partie cherchant à imposer sa version des faits et à influencer l’opinion publique.
En rejetant ces allégations, Kiev cherche également à préserver sa crédibilité auprès de ses partenaires africains et internationaux. Moscou, de son côté, maintient ses critiques, dans un contexte où la rivalité diplomatique dépasse désormais le cadre du conflit russo-ukrainien.
– La RDC prône la diplomatie face à la guerre en Ukraine –
Malgré les tensions diplomatiques, la République démocratique du Congo a choisi de porter une voix différente. En tant que présidente du Conseil de sécurité pour ce mois, Kinshasa a exprimé son indignation face à l’intensification du conflit en Ukraine. Lors de la séance du 9 juillet, présidée par Zénon Mukongo Ngay, la RDC a souligné l’urgence de mettre fin aux hostilités et leurs conséquences dévastatrices sur les populations civiles.
Le gouvernement congolais a rappelé avec force qu’aucune solution militaire ne peut résoudre ce conflit. Dans une région des Grands Lacs déjà fragilisée par des décennies de violence, la RDC appelle à un respect strict du droit international, à la protection des civils et à une approche privilégiant la désescalade, le dialogue et la médiation.
Kinshasa a également réaffirmé son soutien à toute initiative visant à instaurer une paix juste, durable et conforme aux principes de la charte des Nations unies.
– Les accords de paix dans l’impasse –
Cette confrontation diplomatique survient dans un contexte régional particulièrement tendu. Un an après sa signature au niveau ministériel, l’accord de Washington n’a pas produit les effets escomptés. Les divergences d’interprétation entre Kinshasa et Kigali persistent, bloquant toute avancée concrète.
Pendant ce temps, la situation humanitaire et sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo se dégrade inexorablement. Les réunions d’évaluation se multiplient, mais la violence persiste, notamment dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.