Yéhvann Diouf se confie sur son épopée au Sénégal et ses défis à Nice
Passionné par l’astronomie depuis son enfance dans le Val-de-Marne, Yéhvann Diouf semblait promis à une ascension fulgurante. Pourtant, son premier exercice sous les couleurs de Nice s’est révélé être un véritable tourbillon émotionnel. Entre une consécration historique lors de la CAN avec le Sénégal — bien que le titre soit actuellement disputé par le Maroc devant le TAS — et une brutale remise en question sur la Côte d’Azur, le portier a dû faire preuve d’une grande force de caractère.
Avant le choc entre l’OM et Nice, le gardien de but est revenu sur cette saison singulière. Grand amateur de sport, de la F1 au MMA, il garde en mémoire le traumatisme de l’an passé avec Reims, marqué par une finale de Coupe de France perdue contre le PSG et une relégation douloureuse en Ligue 2 face à Metz. Un scénario qu’il refuse catégoriquement de revivre avec le Gym.
Un retour de la CAN riche en émotions
Interrogé sur le caractère exceptionnel de ces derniers mois, Yéhvann Diouf admet que son parcours est atypique. Après une fin de saison harassante avec Reims, il a dû plonger immédiatement dans le grand bain niçois, notamment avec les tours préliminaires de la Ligue des champions contre Benfica. Malgré quelques succès notables en championnat contre Lille ou Rennes, l’équipe a traversé des zones de turbulences, particulièrement après des revers évitables en Coupe d’Europe.
C’est au cœur de cette période que la CAN est intervenue comme une véritable bouffée d’oxygène. Le gardien évoque avec émotion la remise du drapeau par le président Bassirou Diomaye Faye et la ferveur incroyable des supporters à Dakar. « J’étais émerveillé par tout ce qui se passait », confie-t-il, avant de mentionner la victoire finale, malgré les polémiques administratives qui entourent encore le trophée.
L’épisode de la serviette et la concurrence à Nice
Durant la compétition continentale, Yéhvann Diouf s’est illustré par un geste insolite : protéger la serviette d’Édouard Mendy face à des ramasseurs de balle trop entreprenants. Si l’anecdote fait aujourd’hui partie du folklore de la CAN, le joueur rappelle que sa sécurité avait alors été mise en cause. À son retour au Bénin et au Sénégal, l’accueil fut triomphal, mais la réalité du club l’a vite rattrapé.
En son absence, Maxime Dupé s’est installé dans le but niçois sous les ordres de Claude Puel. « Je suis très vite redescendu sur terre », s’amuse-t-il. Respectueux de la hiérarchie et de la dynamique en place, il a dû redoubler d’efforts à l’entraînement pour retrouver sa place de titulaire, ce qu’il a finalement réussi à faire lors du quart de finale de Coupe de France remporté aux tirs au but à Lorient.
Un leader vocal pour le maintien
Fort de son expérience passée, Yéhvann Diouf n’hésite plus à prendre la parole dans le vestiaire. Après la défaite subie à Strasbourg, il a haussé le ton pour provoquer une prise de conscience collective. Pour lui, le destin de Nice est entre les mains des joueurs, avec des confrontations décisives à venir contre Auxerre et Metz.
« Il faut qu’on y croie, personne ne le fera à notre place », martèle-t-il. Déterminé à ne pas revivre la chute connue avec Reims, le gardien sénégalais met tout en œuvre pour assurer l’avenir du club azuréen en Ligue 1, porté par le recul et la maturité acquis lors de son sacre africain.