Affaire martinez zogo : la vidéo des derniers instants bouleverse le Cameroun

Affaire martinez zogo : la vidéo des derniers instants bouleverse le Cameroun

Affaire Martinez Zogo : la diffusion des images des derniers instants bouleverse le Cameroun

Mémorial de Martinez Zogo

Au Cameroun, le procès de l’affaire Martinez Zogo a marqué un tournant ces derniers jours. Le Tribunal militaire de Yaoundé a rendu publics, pour la première fois, des enregistrements vidéo des derniers instants du journaliste, disparus en janvier 2025. Ces images, d’une violence inouïe, ont provoqué une onde de choc dans la salle d’audience et bien au-delà.

Des images insoutenables qui marquent les esprits

Le 1er juin dernier, alors que les débats s’annonçaient déjà tendus, la diffusion des vidéos a plongé l’assistance dans un silence lourd. Sur l’écran géant, on découvre Martinez Zogo, allongé à même le sol, son corps meurtri par les sévices subis. Couvert de sang, il peine à articuler des mots, suppliant qu’on lui vienne en aide. Les scènes, d’une brutalité rare, ont laissé une empreinte indélébile dans les mémoires.

Face à l’ampleur émotionnelle de ces images, la cour a dû interrompre l’audience. Ludovic Sabze, l’un des avocats de la défense, n’a pas caché son émotion : *« Sur le plan émotionnel, c’est intense, très intense. Je ne suis pas le seul à ressentir cela. »*

Le lendemain, les débats ont repris dans une atmosphère chargée d’une tension palpable. Les regards étaient fermés, les esprits toujours marqués par les visions de la veille. Ces enregistrements proviennent directement du compte Google du maréchal des logis Godje Oumarou Vincent, alors en poste à la Direction générale de la recherche externe (DGRE).

Un rapport expert qui éclaire l’enquête

Georges Bell Bitjoka, expert en cybercriminalité et témoin clé de l’accusation, a joué un rôle déterminant dans la révélation de ces éléments. Son analyse a permis de lever partiellement le voile sur les derniers échanges avant la disparition de Martinez Zogo. Calvin Job, avocat de la famille, y voit une avancée majeure : *« Ce rapport remet tout à plat. Il balaye les versions qui nous ont été servies depuis le début. »*

Il souligne *« la qualité exceptionnelle du travail fourni, la rigueur des investigations et la précision technique de l’expert »*, allant jusqu’à déclarer : *« Si le tribunal s’appuie sur ce document, il aura déjà accompli 98 % de sa mission. »*

Pourtant, une question cruciale persiste : qui a ordonné l’enlèvement et les tortures infligées à Martinez Zogo ? À ce stade, aucun commanditaire n’a encore été formellement identifié.

Des zones d’ombre qui persistent

Georges Bell Bitjoka a également révélé que seulement 18 % des données extraites du téléphone de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga ont pu être analysées. Ces éléments, bien que partiels, montrent une augmentation des échanges avec Justin Danwe entre le 18 et le 28 janvier — soit juste après l’enlèvement et avant la découverte du corps. Des rencontres physiques ont aussi été évoquées, mais l’expert a souligné l’existence de contenus supprimés, inaccessibles à ce stade.

*« Cela laisse un goût d’inachevé », a déploré Paul Chouta, soulignant l’urgence d’approfondir les investigations.

Les avocats de la famille Zogo ont donc demandé une expertise complémentaire pour tenter de récupérer les données effacées. Une requête qui pourrait s’avérer décisive pour élucider les circonstances de cette affaire tragique. Le procès a été reporté aux 22 et 23 juin prochains, laissant planer un suspense insoutenable.

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