Aïd 2026 au Mali : une célébration sous haute tension

Aïd 2026 au Mali : une célébration sous haute tension

aïd 2026 au Mali : une célébration sous haute tension

La fête de l’Aïd, célébrée mercredi soir par les Maliens sous le nom de Tabaski, s’est déroulée cette année dans un climat de grande incertitude. À peine quelques semaines après l’attaque dévastatrice du 25 avril, qui a coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara et ébranlé les fondations du régime militaire, la menace d’un « assaut final » sur Bamako a plané sur les célébrations.

Les groupes djihadistes, connus pour leur stratégie d’actions militaires lors des fêtes musulmanes, espéraient ainsi s’attirer les faveurs divines. Cette année, leur objectif semblait clair : perturber la fête traditionnelle et fragiliser davantage les autorités en place.

des moutons inaccessibles et un boycott imposé

Dans les campagnes maliennes, les fêtes de l’Aïd riment généralement avec abondance de moutons. Pourtant, en 2026, la situation est tout autre. Les groupes armés imposent leur loi : réquisition de bétail sous forme d’impôt, saisies de troupeaux ou encore revente forcée. À Bamako, leur stratégie a été claire : un boycott économique de la capitale a été décrété, comme cela avait déjà été observé au Burkina Faso et dans certaines zones du Mali.

Bien que les forces de sécurité maliennes aient maintenu ouverts la plupart des axes routiers par la force, ce boycott a pesé lourdement sur le moral des Bamakois. Les prix des denrées, déjà élevés, ont atteint des niveaux records, rendant cette fête encore plus difficile pour les familles.

Niamey, une situation tout aussi critique

La pression ne s’est pas limitée aux frontières du Mali. À Niamey, la capitale nigérienne, les habitants ont également fait face à des défis majeurs pour célébrer l’Aïd. Les régions de l’Ouest, habituellement riches en bétail, subissent des attaques incessantes menées par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel.

Ces groupes, profitant de la mobilisation de l’armée nigérienne dans le nord du pays pour tenter de reprendre Kidal, ont multiplié les attaques contre des positions militaires et civiles. Le résultat ? Un bilan humain lourd et une économie locale en berne, où même les prix des moutons ont explosé.

une fête sous le signe de l’incertitude

Les célébrations de l’Aïd 2026 au Mali et au Niger se sont donc déroulées dans un contexte de grande tension. Entre menaces djihadistes, boycotts économiques et prix exorbitants, la fête traditionnelle a perdu de sa sérénité. Pour les populations, cette édition restera marquée par l’angoisse et la précarité, loin de la joie habituelle qui accompagne ces jours saints.

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