Armand Noutack : le Cameroun et notre responsabilité face au changement

Armand Noutack : le Cameroun et notre responsabilité face au changement

Armand Noutack : le Cameroun et notre responsabilité face au changement

L’enseignant et analyste politique Armand Noutack II dénonce l’attachement des Camerounais au statu quo et leur hypocrisie face aux ambitions de changement. Une tribune sans concession.

Liliane Ndangue
||7 min de lecture
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Un diagnostic sans concession de la société camerounaise

Dans une tribune percutante, Armand Noutack II, enseignant et observateur politique, fustige l’hypocrisie d’une société camerounaise qui clame haut et fort son désir de changement… tout en perpétuant les pires travers du système. Pour lui, le véritable obstacle au progrès ne réside pas uniquement dans les cercles du pouvoir, mais dans les mentalités de chaque citoyen.

Le Cameroun et ses paradoxes : entre discours et réalité

L’initiative récente visant à contrôler le fichier des soldes de l’État a mis en lumière une vérité dérangeante : les Camerounais ne veulent le changement que si leurs petits intérêts frauduleux ne sont pas menacés. Armand Noutack s’interroge : cette corruption généralisée est-elle l’œuvre du Président Biya, ou simplement le résultat d’un système auquel il a fini par s’adapter pour se maintenir au pouvoir ?

Le Camerounais, selon lui, n’est pas progressiste. Il se complaît dans le statu quo, adore les réseaux, et considère comme une hérésie ailleurs ce qui est devenu une norme ici. Prenons l’exemple d’un fonctionnaire lambda : il exige le changement en public, mais dès 23 heures, il négocie avec les ministres pour obtenir des marchés publics qu’il exécute mal, tout en empochant des bénéfices colossaux.

Des exemples concrets de cette duplicité

Les Camerounais se plaignent du système, mais beaucoup en profitent. Un commerçant qui hurle contre la corruption en journée ne paie pas ses impôts et trafique les dates de péremption de ses produits. Un opposant qui crie sur les plateaux télévisés contre le gouvernement négocie à minuit des places pour ses enfants dans les grandes écoles. Un journaliste dont les reportages dépendent de coups de fil nocturnes dénonce un système qu’il contribue à entretenir.

Les fonctionnaires qui détournent les allocations familiales tout en exigeant le départ de Biya. Les policiers qui rackettent les automobilistes sous prétexte de contrôles routiers. Les médecins qui désertent les hôpitaux publics pour se concentrer sur leurs cliniques privées. Les promoteurs d’universités privées qui vendent des diplômes sans valeur. Tous, à des degrés divers, participent à cette corruption généralisée.

Une corruption qui ronge les mentalités

Armand Noutack ne mâche pas ses mots : « Nous sommes corrompus. Pas seulement superficiellement, mais dans nos mentalités. » Pour lui, la véritable révolution ne viendra pas d’un changement de gouvernement, mais d’une remise en question profonde de chaque Camerounais. Il appelle à une infiltration des différents corps de métier pour traquer et sanctionner les fraudeurs, mais surtout, à une prise de conscience collective.

« Si tu ne peux pas être toi-même le changement que tu veux pour ton pays, alors tais-toi », lance-t-il. Il rappelle que la construction d’un Cameroun nouveau passera inévitablement par la destruction de cette toile d’araignée de corruption mentale qui nous englue depuis plus de quatre décennies.

En conclusion, Armand Noutack II exhorte chaque Camerounais à faire son mea culpa : « Allez chercher les actes de naissance et les preuves de scolarisation de vos enfants pour justifier vos allocations familiales. Sinon, vous devrez rembourser l’argent perçu illégalement… et peut-être même vous retrouver en justice. » Une tribune qui secoue et interpelle, où l’auteur ne laisse aucun répit à ceux qui, par leur hypocrisie, freinent l’évolution du Cameroun.

Armand Noutack II

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